Rentrée scolaire et Covid-19 : faut-il mettre le masque dès l'école primaire ?

Rentrée scolaire et Covid-19 : faut-il mettre le masque dès l'école primaire ?
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DÉBAT - Les élèves scolarisés à l'école primaire doivent faire leur rentrée le mardi 1er septembre. Selon la circulaire du ministère de l'Education, le masque ne sera pas requis, alors qu'il sera obligatoire dans les collèges. Certains plaident pour que ce soit le cas aussi pour les enfants à peine plus jeunes.

La rentrée est dans deux semaines. Alors que l'épidémie regagne du terrain en France, les professeurs, parents et enfants se demandent si le masque sera au programme à l'école. Le décret publié par le gouvernement sur l'obligation du port du masque dans les lieux publics clos à partir du 20 juillet, ne concerne que les personnes de plus de 11 ans. Dans les établissements scolaires, cela signifie qu'aucun masque n'est requis à l'école maternelle et élémentaire, mais le masque est obligatoire pour tous au collège et lycée. 

Quel risque sanitaire à la réouverture des écoles ?

Pourquoi 11 ans ? Et non pas 9, 10, ou 12 ? "C'est généralement l'âge d'entrée au collège", rappelle Didier Lepelletier, co-président du groupe de travail Covid-19 du Haut Conseil de la Santé Publique, dont les avis sont référents pour les prises de décision du gouvernement en matière de protocole sanitaire. "A défaut de données scientifiques en nombre conséquent, nous nous sommes basés sur les recommandations internationales pour définir l'âge minimal du port du masque", ajoute-t-il.

Les deux seules études que le HCSP a pu consulter au moment de rendre son avis, début juillet, affirmaient que "les enfants d'une moyenne d'âge de 5 ans sont peu affectés par la maladie et peu contagieux car ils ont un portage du virus faible et développent très rapidement des anticorps", résume Didier Lepelletier. "Mais on manque de rapports chez les enfants un peu plus âgés" admet-il.

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Une compilation de nouvelles études sur la propagation du virus dans les établissements scolaires, publiée aujourd'hui par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), affirme qu'il y a peu de risques que les écoles soit un haut lieu de transmission du Covid-19. Selon ces conclusions, les enfants n'ont que peu de symptômes et ne représentent que 5% des malades dans la population. Toutefois, Michael Rochoy, généraliste et membre du collectif Stop Postillons, qui milite pour la généralisation du port du masque, n'est pas entièrement convaincu. "Il faut arrêter avec l’idée que les enfants ne sont pas impliqués par la pandémie. Au contraire, nous avons des preuves que les établissements scolaires sont des lieux de contagion", dénonce-t-il. D'après les données de Santé Publique France, 25 foyers épidémiques ont été déclarés en milieu scolaire et universitaire entre le 9 mai et le 11 août. "En prenant en compte les longues fermetures sur cette période, ces clusters sont en fait apparus en quelques semaines", analyse le médecin. "Si on ne demande pas le port du masque à l’école primaire, on ne peut qu’imaginer une augmentation des clusters à la rentrée."

Les enfants "incapables" de porter un masque ?

Au-delà des études scientifiques, il a été avancé qu'à l'école maternelle et élémentaire, les enfants ne sauraient pas porter le masque correctement, et qu'il aurait donc un effet moindre voire nul. Un non-sens pour Michael Rochoy. "C'est entendable pour les élèves de maternelle. Mais un enfant de 6 ou 10 ans est aussi apte à porter un masque qu’un enfant de 11 ans", lui semble-t-il.

Ancienne maîtresse de CP, CE1 et CM2, Guislaine David abonde elle aussi en ce sens. "Il ne faut pas sous-estimer la capacité d'adaptation des enfants. Ils s'adaptent plus vite que les adultes parfois", estime la désormais porte-parole du SNUipp, le Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC. "C'est compliqué cette limitation à 11 ans. Des enfants en CM1 ou CM2, dans la même tranche, sont tout à fait en capacité de mettre un masque", assure-t-elle."On le voit bien dans les transports en commun, ou dans d'autres pays."

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Le SNUipp se dit par ailleurs inquiet de devoir appliquer dans quinze jours un protocole aux restrictions allégées, qui date de début juillet, lorsque les indicateurs épidémiologiques montraient des signes de fin d'épidémie. "La situation s'est de nouveau dégradée depuis. Ils reprennent des mesures partout et notamment pour les entreprises, mais pas pour les écoles", observe Guislaine David. "On attend les consignes des scientifiques mais en attendant, on se sent un peu à contre-courant", référence à l'obligation du port du masque dans les bureaux dès le 1er septembre, mais aussi en extérieur dans de plus en plus de villes. 

"En attendant, surtout, pourquoi faire une politique du tout ou rien ?" insiste Michael Rochoy. Selon lui, plus il y a d'enfants qui en portent, mieux c'est. "Actuellement c'est 0% de masques à l'école primaire, donc même si on passe à 80% de masques, ou ne serait-ce que 50%, c'est une sécurité supplémentaire pour chacun", affirme le médecin. "L'idée n'est évidemment pas de mettre des amendes aux élèves qui ne le mettent pas ! Simplement de le recommander".

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