Reprise de dette, investissements, primes, gouvernance : les principales mesures du plan d'urgence pour l'hôpital public

Reprise de dette, investissements, primes, gouvernance : les principales mesures du plan d'urgence pour l'hôpital public
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SANTE - Le "plan d'urgence" pour l'hôpital public, destiné à répondre au malaise du secteur, a été présenté par Edouard Philippe et Agnès Buzyn ce mercredi. Le gouvernement prévoit de reprendre le tiers de la dette, soit 10 milliards d'euros, d'investir 1,5 milliard supplémentaire, de revaloriser les praticiens et de réformer la gouvernance.

Un plan d'urgence pour sauver l'hôpital public. Six jours après l'annonce d'Emmanuel Macron, le gouvernement a détaillé mercredi la réponse qu'il compte apporter à la crise qui touche l'ensemble du secteur. Edouard Philippe et Agnès Buzyn ont annoncé une série de mesures budgétaires, salariales mais également de réforme de la gouvernance.

Le Premier ministre a confirmé que l'Etat allait reprendre "dès 2020", dans le cadre d'une loi spécifique, 10 milliards d'euros de dette sur trois ans, un montant qui représente le tiers de la dette actuelle du secteur public. "L'investissement hospitalier a été divisé par deux en dix ans et la dette a augmenté de 40% dans le même temps", a justifié Edouard Philippe, estimant que le seul moyen pour mettre fin à ce "cercle vicieux" était cette reprise de dette, pourtant écartée par Bercy il y a quelques jours. "Cela permettra de rétablir l'équilibre financier des établissements, de moderniser, de redonner des marges de manœuvre aux personnes hospitaliers", a estimé le chef du gouvernement. "C'est un signe inédit de confiance du gouvernement et de la nation à l'hôpital public."

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1,5 milliard supplémentaire et maintien des tarifs hospitaliers

Edouard Philippe a également annoncé une hausse budgétaire de 1,5 milliard d'euros sur trois ans, "dont 300 millions d'euros dès 2020". Ces montants s'ajouteront à la trajectoire budgétaire déjà retenue pour les hôpitaux, a précisé le Premier ministre. Ils doivent permettre notamment d'investir 150 millions d'euros par an pour l'investissement courant, achat de petit matériel ou encore travaux de rénovation dans les hôpitaux.

En outre, le gouvernement s'engage à "ne pas baisser les tarifs hospitaliers jusqu'à la fin du quinquennat", tablant sur le fait que la diminution des actes "inutiles" permettrait d'augmenter ces tarifs dans le même temps. 

Revalorisation des métiers

Le plan d'urgence est assorti de mesures financières à destination des professionnels, détaillées par Agnès Buzyn. La ministre de la Santé a ainsi annoncé une revalorisation de la prime d'engagement pour les "métiers en tensions", pour les médecins comme pour les paramédicaux. Le gouvernement entend également "faire évoluer les conditions pour bénéficier de la prime d'exercice territoriale". En outre, les trois premiers échelons des médecins hospitaliers seront fusionnés "pour accélérer l'entrée dans la carrière". 

L'exécutif a annoncé des mesures spécifiques pour les hôpitaux de l'agglomération parisienne, avec une prime annuelle de 800 euros pour les 40.000 infirmiers et aide-soignants qui touchent moins de 1.900 euros par mois. 

Sur l'ensemble du territoire, des enveloppes financières "pour l'engagement", d'un montant moyen de 300 euros par an, seront également mobilisées pour "600.000 professionnels", selon des critères "non financiers, mais de qualité des soins". Agnès Buzyn a également annoncé une prime, à partir de 2020, de 100 euros nets mensuels pour les aide-soignants en gériatrie. 

S'agissant des médecins hospitaliers, la ministre souhaite "revoir les statuts" dans les six prochains mois pour adapter les contrats "aux nouvelles générations", afin, là encore, de rendre l'hôpital public plus attractif, notamment en début de carrière. 

Remise à plat de la gouvernance

Enfin, le gouvernement prévoit de prendre "des mesures immédiates pour renforcer la place des médecins dans la prise de décision", a indiqué la ministre, alors qu'une mission à plus long terme sur ce sujet va être confiée au professeur Olivier Claris, chef de service aux Hospices Civiles de Lyon.  

Les mesures devront permettre aux médecins de prendre, avec la direction des établissements, "des décisions conjointes sur le projet médical, les nominations de chefs de services et de pôles et l'investissement du quotidien". Il est également envisagé "d'ouvrir le vivier des chefs d'établissements aux médecins", de "revaloriser" les fonctions de management, "d'alléger les charges administratives inutiles" et de "soumettre les modalités de recrutement à un choc de simplification".

Enfin, l'exécutif compte s'attaquer aux pratiques tarifaires souvent dénoncées des médecins intérimaires de l'hôpital public, "un mercenariat qui n'est plus acceptable", a dénoncé Agnès Buzyn. Pour cela, "une campagne de contrôle sera menée dans les prochaines semaines auprès des médecins intérimaires avec l'aide de comptables publics". En outre, seront créés "des dispositifs d'intérim public, à l'échelle des groupements hospitaliers, qui seront très attractifs". 

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