Réouverture des écoles "à marche forcée" : plus de 300 maires d’Île-de-France demandent un report

Réouverture des écoles "à marche forcée" : plus de 300 maires d’Île-de-France demandent un report
Population

L’APRÈS 11 MAI - Dans une tribune publiée ce dimanche, plusieurs centaines d’édiles d'Île-de-France, dont la maire de Paris Anne Hidalgo, demandent à l'Etat le report de la réouverture des écoles.

Dans une lettre à Emmanuel Macron, plusieurs centaines de maires d'Ile de France dénonce un calendrier "intenable et irréaliste" et une réouverture des écoles "à marche forcée". Pour eux, impossible d'accueillir les élèves dans de bonnes conditions dès le 11 mai dans les écoles, elles garderont portes closes dans leur commune. "Nous n'avons pas encore toutes les informations pour préparer la population, et que les directives sont mouvantes", font notamment valoir les 329 maires signataires de la lettre ouverte, publiée dimanche soir sur le site de La Tribune.

Report de la date de réouverture des écoles

"Nous apprenons, dix jours avant la date de réouverture des écoles, qu'il appartiendrait aux maires de décider de la réouverture des écoles, et aux parents de décider du retour vers le chemin des classes de leurs enfants", dénoncent les maires. Une situation intenable selon eux, alors que qu'ils ne sauront "que le 7 mai si nos départements sont officiellement classés en zone rouge", développent-ils. "Tout cela ne s'improvise pas du jour au lendemain".

Stéphane Beaudet, le maire d'Evry-Courcouronnes à l’initiative de cette tribune, souligne la difficulté de mettre en place un "protocole sanitaire particulièrement difficile à mettre en œuvre" et un dispositif "très coûteux", aussi bien humainement que financièrement, dans les circonstances actuelles. Pour le président de l'Association des maires d'Île-de-France, maintenir une réouverture des écoles le 11 mai signifierait "réorganiser cette rentrée dans des conditions très difficiles en à peine trois jours".

L'association des maires d'Ile-de-France, dont fait partie Anne Hidalgo, maire de Paris, demande donc "solennellement" au président de repousser le retour en classe à une date ultérieure, "dans les départements classés rouges et en particulier de l'Île-de-France".

Prioriser les enfants précaires plus que les parents volontaires

Les maires d'Ile-de-France écrivent aussi ne pas comprendre "comment il est possible de concilier l'objectif de volontariat et de pallier les inégalités sociales et territoriales". Ils prient le président "de demander au gouvernement de prioriser clairement les enfants qui pourront reprendre le chemin de l'école", notamment en fonction de la situation sociale et "du contexte familial de chaque enfant". Les édiles réclament également que "des moyens financiers suffisants" soient conférés aux communes pour l'accueil périscolaire dans le strict respect du protocole sanitaire, "qui induit nécessairement un coût et une mobilisation de personnel supplémentaires".

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Huit maires centristes de Seine-Saint-Denis avaient déjà exprimé, avant même le discours du Premier ministre mardi, leur intention de ne pas rouvrir leurs écoles. Jeudi 30 avril, l'Association des maires de France a aussi tapé du poing sur le table : "Pas question que le maire soit seul dans cette aventure", avait réagi Agnès Le Brun, porte-parole en charge de l'Education.

Les édiles franciliens signataires appellent également à "ne pas faire reposer sur les maires la responsabilité juridique, politique et morale de la réouverture des écoles, mais de les associer dans une concertation avec le Préfet de département, qui doit assumer l’entière responsabilité de sa décision prise sur proposition du maire". De nombreux maires s'inquiètent en effet de la possible mise en cause de leur responsabilité pénale en cas de contamination d'enfants, d'enseignants ou de personnels. Sur ce point, une proposition de loi du sénateur Hervé Maurey visant à renforcer la protection juridique des édiles sera examinée le 27 mai, mais les maires veulent des garanties.

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