Réputée pluvieuse, la Bretagne a-t-elle vraiment été la région la plus ensoleillée au mois de mai ?

La Bretagne a connu des niveaux d'ensoleillement rares.
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À LA LOUPE – Les médias bretons ont annoncé non sans fierté que la région avait été la plus ensoleillée de France en mai. Une situation assez rare, comme l'explique Météo-France.

"Du soleil à n’en plus finir !", se réjouit le quotidien breton Le Telegramme. Les conditions météo particulièrement favorables, assure-t-il, ont en effet permis ce mois-ci à la Bretagne d'occuper une position de région leader dans un domaine inhabituel : celui de l'ensoleillement. 

Une anomalie des capteurs ? Non, plutôt une "situation réellement atypique", comme la décrit un météorologue interrogé par le journal. "Cela s’explique par la dominance d’un vent de nord-est durant le mois de mai qui a amené avec lui des conditions anticycloniques et bloqué les perturbations venues d’Atlantique", analyse-t-il.

Des écarts considérables avec les valeurs moyennes

Si le mois de mai n'est pas encore terminé, les quelques jours restants ne devraient rien y changer. Le ciel bleu annoncé dans la semaine devrait en effet conclure cette période de beau temps continu. "C'est certain que l'on vit un mois de mai très ensoleillé", note le climatologue de Météo-France Franck Baraer, interrogé par LCI. "Nous sommes d'ailleurs sur les bases d'un record d'ensoleillement pour un mois de mai dans la région, qui va être battu si l'on se fie aux prévisions d'ici à début juin."

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Le spécialiste s'appuie sur une carte pour mettre en avant les zones où le nombre d'heures de soleil a été le plus important. La Bretagne est donc mise en avant, mais l'on constate que le beau temps a aussi régné sur les Hauts de France ou au bord de la Méditerranée.

À Saint-Brieuc, Quimper ou Brest, le soleil a brillé plus de 210 heures, soit près de dix heures au quotidien. Une situation assez inhabituelle, que l'on découvre à l'aide d'une seconde carte. Celle-ci met en avant la différence entre l'ensoleillement observé ce mois-ci et celui observé en moyenne au mois de mai depuis 1991. La différence est saisissante. 

Les tons rouges observés dans la moitié nord traduisent l'écart important avec les moyennes, tandis que dans la moitié sud, l'ensoleillement s'est finalement révélé assez conforme à celui observé d'ordinaire. Une ville comme Brest se détache, avec plus d'une fois et demi de soleil supplémentaire par rapport à ce que les météorologues observent d'habitude. 

Difficile d'y voir une tendance

Peut-on voir dans cette météo plus que clémente un effet du changement climatique ? Franck Baraer se montre prudent : "En ce qui concerne les températures, on observe des effets clairs du réchauffement, mais c'est beaucoup plus compliqué si l'on se penche sur les pluies ou sur l'ensoleillement. Peu d'études sont réalisées sur le sujet, et à notre échelle nous ne voyons pas d'évolution significative. Pour se faire une idée plus précise, il faudrait à mon sens changer d'échelle, et plutôt privilégier une étude qui porterait sur l'Europe entière."

Les hautes pressions qui ont été observées dans la moitié nord et en Bretagne plus précisément devraient donc permettre de battre un record d'ensoleillement à l'échelle régionale pour un mois de mai depuis 1991. Si la situation est peu commune, les records absolus observés par Météo-France pour un mois de mai n'ont pour autant aucune chance d'être battu. Avec un peu plus de 250 heures de soleil en cumulé, les stations bretonnes seront assez loin de celles de Corse ou des Bouches du Rhône, qui en avaient enregistré plus de 350 en mai 2011.

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