Facebook supprime-t-il des publications favorables au Pacs ?

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À LA LOUPE – Défenseur du Pacs dès le début des années 1990, artisan de sa mise en place, Denis Quinqueton a vu l'une de ses publications Facebook sur le sujet être supprimée, ne respectant pas les "standards de la communauté". Le Pacte civil de solidarité (Pacs) pose-t-il des problèmes au réseau social américain ?

Dans un tweet publié le 13 octobre, Denis Quinqueton a affiché son incompréhension. Codirecteur de l’Observatoire LGBT+ de la Fondation Jean-Jaurès, militant actif pour le Pacs dans les années 1990, il a vu l'une de ses publications Facebook suspendue par la plateforme. 

"Vous vous moquez de moi ?", lance Denis Quinqueton, ne comprenant pas dans quelles mesures un message comme le sien sur Facebook pouvait enfreindre les standards de la communauté. Il se demande alors si le réseau a des "problèmes" avec le Pacs, pourtant voté il y a vingt ans, en 1999.

Une suspension presque immédiate, mais pas définitive

Contacté par LCI, l'intéressé donne quelques détails sur le déroulement des faits : "J'ai validé la publication, et quelque chose comme trois minutes plus tard, j'ai reçu une notification m'indiquant qu'elle était retirée." Il observe alors le message de Facebook, dont il poste une capture d'écran via Twitter. "J'ai demandé, comme il me l'était proposé, un réexamen de ma publication, qui a finalement été remise en ligne. Elle a été un peu tronquée, c'est curieux, puisque seule une des trois images d'origine est revenue. J'ai dû rajouter les deux autres à la main."

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"C'est la première fois que cela m'arrive", poursuit le membre de la Fondation Jean-Jaurès. "Ce qui m'a le plus surpris, c'est la vitesse à laquelle ça a été suspendu alors qu'on rame souvent comme des malades pour faire supprimer des appels à la haine qui sont postés". Comment Denis Quinqueton explique-t-il cette suppression temporaire ? "Je ne sais pas", lance-t-il, "je n'ai pas eu d'éclaircissements de la part de Facebook." Si les "standards de la communauté" non respectés sont avancés comme justification par le réseau social, il émet tout de même une hypothèse : "Des gens autour de moi m'ont suggéré qu'il puisse s'agir d'une suspension automatique, car il y dû avoir des gens que cela contrariait". "Si vous avez plus d'infos, je serais curieux d'ne savoir plus", conclut-il.

Facebook met en avant une erreur de l'IA

La seule manière de comprendre les raisons de cette dépublication est de joindre les équipes de Facebook. LCI les a sollicités sur ce cas précis et il s'avère qu'après examen, "le problème soit lié à une erreur de l'IA". Les représentants du réseau rappellent en effet que la modération des contenus est assurée au quotidien par des ordinateurs, via des programmes d'intelligence artificielle. "Ces examens sont complétés par des modérateurs humains, ce sont d'ailleurs eux qui sont intervenus pour rétablir la publication suspendue à tort", note Facebook. 

Une question reste en suspens : quel élément dans le post original de Denis Quinqueton a bien pu alerter l'IA, et lui laisser penser qu'elle était contraire aux standards de la communauté ? Si Facebook explique poursuivre ses recherches pour mieux saisir le pourquoi du comment, rien ne semble en apparence contraires aux règles de la plateforme. Sont en effet supprimés les contenus "violents et explicites", les "discours incitant à la haine", la nudité, les "activités" et "sollicitations" sexuelles, ou bien encore les éléments "cruels et indélicats".

Une hypothèse peut malgré tout être écartée : celle d'une vague massive de signalements suite à une publication. On pourrait en effet imaginer que des militants chercheraient à censurer des messages avec lesquels ils seraient en désaccord en signalant à de très nombreuses reprises un même post après sa mise en ligne. "Nous ne fonctionnons pas ainsi", tranche Facebook France, qui explique que ses systèmes de modération interviennent très rapidement, que ce soit via l'IA ou par le biais d'êtres humains derrière leur ordinateur. Le réseau social confirme par ailleurs qu'il n'y a a priori aucune raison pour que soient suspendus des publications relatives au Pacs. 

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