Retour à l’école sur la base du volontariat : des parents d’élèves très partagés

Retour à l’école sur la base du volontariat : des parents d’élèves très partagés
Population

ECOLE A LA CARTE - Le retour en classe, annoncé par le gouvernement comme "progressif à partir du 11 mai et selon la volonté des parents" fait douter ces derniers. Pas vraiment pour, pas complètement contre, qu'en pensent-ils ?

Le retour des enfants à l'école se fera sur la base du volontariat des parents. Depuis cette annonce du gouvernement, les principaux concernés doutent, s'interrogent sur les modalités, pèsent le pour et le contre. Pour Rodriguo Arenas, co-président de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), les arguments "contre" l'emportent. "Depuis l'allocution du Président, on alerte sur un retour précoce des enfants à l'école", explique-t-il. Pour lui, il faut "arrêter de harceler les enfants, laisser les enseignants tranquilles" et reporter la véritable rentrée à septembre.

Une majorité de parents contre... Vraiment ?

Rodriguo Arenas ne mâche pas ses mots : "On est pas dupes, dire que c’est du volontariat c'est pour faire porter la responsabilité aux parents, pour cacher qu'ils [le gouvernement] sont incapables d’assurer une reprise complète de l’école en toute sécurité". Le co-président de la FCPE estime que si reprise il y a, "les principales victimes" du Covid-19 ne seront pas les élèves, mais bien le personnel. Il répète auprès de LCI que si "la majorité" des parents d'élèves ne veulent pas remettre leur progéniture à l'école, c'est notamment parce qu'ils "conscience que leurs enfants peuvent contaminer les adultes et donc les enseignants". Selon lui, prendre cette décision est "une grande responsabilité de la part de ces parents".

Mais dans les rangs de la fédération des parents d'élèves, les positions sont plus partagées. Membre de l'organisation dans un collège d’île de France, une maman de deux jeunes filles ne se reconnait pas dans le "discours" tenu par la FCPE Nationale. Elle a souhaité rester anonyme pour "ne pas créer de polémique interne". Son seul objectif : faire avancer le débat et faire entendre toutes les voix. "J'entends la FCPE répéter dans plein de médias que les parents d'élèves sont contre la reprise, mais ce n'est pas forcément ce que j'entends dans mon entourage", explique-t-elle. "Moi-même, je m'interroge encore. Tout dépendra des conditions sanitaires, tout le monde marche à tâtons".

Rodriguo Arenas rappelle qu'un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et France Info semble lui donner raison. Cette enquête a été réalisée par internet les 22 et 23 avril, auprès d’un échantillon de 1 005 Français représentatif de la population française. Près de deux parents interrogés sur trois (64 %) y affirment qu’ils n’enverront pas en classe au moins un de leurs enfants à la levée du confinement.

"Je trouve quand même étrange que la FCPE parle pour nous, alors qu'on ne nous a pas consulté", réplique notre source. Car en fin de compte, "les adhérents avec qui on a pu échanger sont aussi pour que contre un retour en classe", assure-t-elle, estimant que plusieurs arguments en faveur de la réouverture des écoles sont recevables.

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"Je suis allé chez ma boulangère ce jeudi, elle à trois enfants, un dans chaque établissement - primaire, collège, lycée", raconte par exemple notre contact. "Elle me dit qu'elle aimerait que l'école reprenne, que ses garçons ne font pas grand chose, qu'ils décrochent et qu'elle ne peut les surveiller puisqu'elle travaille beaucoup". Pour certains parents, la nécessité du retour en classe serait donc une question de continuité scolaire. Pour certains enfants, "cela permettrait d'échapper à des conflits familiaux", continue-t-elle. 

Sur ce point, Rodrigo Arenas se range à ses côtés. "Le seul intérêt de rouvrir les écoles, c'est pour en faire des lieux d'accueil et de transition pour venir en aide aux enfants", explique-t-il. "Mais cela dépasse les enseignants, cela nécessite la présence de professionnels pour aider les élèves qui ont vécu un confinement difficile. Il faut ouvrir avec du personnel médical, des psychologues, de l'assistance sociale, pour prendre soin des enfants. Pas avec des professeurs pour reprendre les cours", insiste le co-président FCPE.

Certains parents n'ont pas le luxe de se poser la question. A partir du 1er mai, les travailleurs ayant bénéficié début mars de "l’arrêt maladie" autorisé pour garder leurs enfants devront retourner au travail ou se mettre en chômage partiel. "Ce ne sera pas un choix, estime Rodriguo Arenas, les retours à l'école vont se décider en fonction des revenus. Cela va creuser la fracture sociale".

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