Retour à la scolarité obligatoire : les enseignants "vulnérables" devront être remplacés

Désormais masqués, les enseignants devront apprendre à communiquer au mieux avec leurs élèves.
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EXCEPTION - Au lendemain de l'annonce par Emmanuel Macron du "retour obligatoire à l'école et au collège pour tous les élèves" dès la semaine prochaine, le ministre de l'Education s'est dit confiant quant au fait que les enseignants seront au rendez-vous, rappelant toutefois les règles en situation de vulnérabilité.

Les professeurs seront-ils au rendez-vous le 22 juin ? Alors que quatre enseignants sur dix ne sont pas retournés travailler dans leur établissement ces dernières semaines, pour des motifs divers, certains assurant leurs cours à distance, selon les chiffres de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer "n'en doute pas". Une confiance affichée ce lundi au lendemain de l'annonce par Emmanuel Macron d'un "retour obligatoire à l'école et au collège pour tous les élèves", et ce dès la semaine prochaine. 

Et de préciser néanmoins que les professeurs pourraient ne pas reprendre physiquement s'ils disposent pour cela d'un certificat médical. Qui sont les concernés ? Quelle part du corps enseignant représentent-ils ?

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Depuis le 1er mai 2020, les personnes à risques, c’est-à-dire susceptibles de développer une forme grave de Covid-19, tout comme les personnes qui habitent avec l’une d'elles, peuvent se voir remettre un certificat médical afin de ne pas se rendre sur leur lieu de travail pendant le déconfinement. Et ce, tant que plane la menace d’une contamination.

Établie par le Haut Conseil de la santé publique, la liste des pathologies ou cas attestant de la fragilité d’un individu comprend des cas très divers comme l'âge de la personne, ses antécédents (ATCD) cardiovasculaires, le fait qu'elle ait du diabète non équilibré ou présentant des complications, d'être atteint de cancer évolutif sous traitement ou encore d'être au troisième trimestre de la grossesse.

Pour ces enseignants, "la doctrine ne change pas"

Pour les professeurs qui entrent dans cette catégorie de "personnes vulnérables", "la doctrine ne change pas" à compter du 22 juin, explique ce lundi Pierre Favre, vice-président du SNE (syndicat national des écoles). "L'enseignant sera invité à rester chez lui et il appartient à l'Education nationale de créer les conditions de remplacement qui en découlent pour accueillir l'ensemble des élèves", précise-t-il avant d'ajouter que "c'est pas gagné" et que "ça va poser un problème ici ou là".

De fait, "l’accueil de 100% des élèves restera un objectif qui ne pourra pas être atteint partout, non pas par manque de volonté mais parce que les conditions réglementaires ne sont pas réunies", poursuit le directeur d'une école dans l'Ain au sortir d'une réunion en visioconférence avec le ministère de l'Education nationale.

"Les collègues qui, parce qu'ils se sentaient en danger ou pour des raisons familiales , et non pas parce qu'ils décrochent, avaient fait le choix de ne pas revenir physiquement ces dernières semaines, ceux-là seront obligés de revenir", ajoute pour finir le représentant du SNE;

5 à 6% d'enseignants "empêchés de travailler"

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Environ 40% des enseignants ne sont pas revenus physiquement dans les écoles, collèges, lycées, depuis le déconfinement, soit pour assurer les cours à distance des élèves qui ne sont pas en classe, soit pour garder leur enfant (sur présentation d’une attestation de non-accueil de l’établissement scolaire), soit s’ils étaient vulnérables au Covid-19 ou vivaient avec des personnes vulnérables.

Selon le ministère de l'Education nationale, qui est venu préciser cette statistique par la suite, parmi ces enseignants, 5 à 6% seraient "empêchés de travailler". Plus précisément, figurent dans cette catégorie les professeurs "vulnérables qui ont justifié de leur état de santé, mais aussi des professeurs qui n’ont pas tenu leur obligation de service et n’ont pas apporté de justificatif", sans qu'il soit possible pour l'heure de connaître les proportions, soulignait il y a quelques jours Ouest-France.

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