Comment redynamiser les centres-villes désertés ?

Comment redynamiser les centres-villes désertés ?

INITIATIVES - L'un des grands chantiers du plan de relance du gouvernement concerne la redynamisation des centres-villes. Certaines communes ont déjà massivement investi dans ce domaine et leurs solutions commencent à payer.

La redynamisation des centre-villes, notamment via le soutien aux commerces de proximité, est l'un des chevaux de bataille du gouvernement. Il faut dire que l'enjeu est central pour de nombreuses communes. Certaines s'y sont déjà attelées, à l'image de la Roche-sur-Yon en Vendée. Une ville de 55.000 habitants dont le cœur recommence à battre, avec la réouverture de certains magasins. 

Mais c'était loin d'être gagné d'avance. Ainsi, lorsqu'ils y ont ouvert leur boutique il y a deux ans, Olivier et son épouse ont eu le sentiment de faire un pari. "On a été surpris au début parce que c'est vrai que le centre-ville avait l'air un peu mort et beaucoup de commerces étaient fermés. Mais on s'est dit qu'il y avait une vraie opportunité à saisir et un vrai challenge en même temps parce qu'il y avait tout à faire", explique Olivier Hedoux dans le reportage de TF1 en tête de cet article.  

Toute l'info sur

Le 20h

La méthode de la carotte et du bâton

Pour arriver à ses fins et  limiter le nombre de magasins fermés et laissés à l'abandon, la mairie a décidé d'utiliser la méthode de la carotte et du bâton. "Les locaux vacants depuis plus de deux ans, les locaux commerciaux ont été taxés, et curieusement ils sont beaucoup moins vacants", ironise l'édile Luc Bouard. "Et puis, nous avons mis en place une aide au loyer qui permet aux jeunes commerçants qui s'installent d'avoir une aide qui peut aller jusqu'à 50% du loyer sur les deux premières années", complète-t-il. 

Toutefois, faire revenir les commerces ne suffit pas. Pour maintenir l'activité économique, les communes doivent également absolument repeupler leurs centres-villes, désertés dans les années 90 et 2000. Luc Bouard poursuit : "Nous avons dans des rues comme celle-ci, comme la rue des Halles, des immeubles entiers qui ne sont pas occupés alors qu'ils pourraient être dédiés au logement"

Alors, pour que de tels chantiers aboutissent, la mairie a investi dans une société chargée d'effectuer les travaux, et de pallier aux nombreuses difficultés, comme le souligne le directeur de l'entreprise Oryon, une agence de développement économique : "Ce qui est compliqué dans les centres villes, c'est que souvent, on intervient sur des vieux immeubles où on va retrouver du plomb, de l'amiante, des fois des pollutions de sol… quand on construit du neuf, on n'a pas ça. Donc c'est beaucoup plus contraignant juridiquement, ça génère des coûts beaucoup plus importants", avance-t-il. Des coûts qui sont partagés quand la collectivité s'allie aux entreprises privées pour rénover le centre-ville. C'est ce type d'initiatives que le gouvernement cherche à encourager au niveau national. 

A Mulhouse, une décennie d'efforts

A l'autre bout de la France, Mulhouse sort d'une décennie d'efforts pour redynamiser son centre, et le rendre accessible à tous. 

Retour en arrière : en 2011, le centre-ville de Mulhouse n'attire plus personne et affiche 14% de commerces vacants, un record. Le maire de l'époque décide alors d'y consacrer son mandat et 36 millions d'euros. 

Et les résultats sont visibles aujourd'hui. Laurent Roussiaux, le gérant du magasin Impact, qui n'a jamais quitté le centre-ville, a été témoin de ce changement. "Il y avait un aspect sécurité qui était très important parce que Mulhouse avait une image un peu négative à l'époque. Mais aujourd'hui on est tranquille, il fait bon vivre, on peut s'installer à une terrasse, il y a une ambiance qu'on ne retrouve pas dans les centres commerciaux", indique-t-il. 

Parmi les idées mises en oeuvre pour attirer de nouveaux commerces à Mulhouse, il y a ces boutiques éphémères qui sont à la disposition des enseignes nationales, des indépendants, ou encore des porteurs de projets qui veulent tester la ville. L'emplacement est loué 300 euros par mois pour 20 mètres carrés en plein centre-ville. L'occasion de se lancer sans prendre trop de risques et de faire le tri dans les projets. 

A la tête de cette initiative, Frédéric Marquet est confiant. "Mon objectif, ce n'est pas le nombre d'ouvertures, c'est d'avoir des ouvertures qui durent donc l'idée c'est vraiment de tester aussi, voir si c'est viable de façon à éviter les mauvaises surprises. Parce qu'ouvrir et se retrouver en difficulté au bout de quelques mois dans un vrai local, c'est compliqué", prévient ce manager de commerces. Résultat, en une décennie, Mulhouse a inversé la tendance, avec plus d'ouvertures de magasins que de fermetures, et des visiteurs qui arrivent d'un peu partout, pour profiter de son centre-ville rénové.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

REVIVEZ - Marghe remporte "The Voice 2021"

EN DIRECT - Israël/Palestine : plus de 150 morts depuis la reprise des violences, l'essentiel à Gaza

Covid-19 : ces pays européens qui ont déjà assoupli les règles aux frontières pour les touristes

Que devient Abi Bernadoth, le gagnant de "The Voice" ?

Bigard, Lalanne et Chalençon, têtes de file d'une manifestation anti-masques à Lyon

Lire et commenter

LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies. > En savoir plus.