Inquiétudes après l'incendie de l'usine Lubrizol : ONG et syndicats réclament "la vérité" à la préfecture

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ACCIDENT INDUSTRIEL- Associations environnementales et syndicats appellent à un rassemblement ce mardi à Rouen afin de demander "la vérité" à la préfecture, qui ne cesse de se montrer rassurante depuis qu’un incendie a éclaté jeudi dernier au sein de l'entreprise Lubrizol.

"La préfecture doit la vérité !" La communication des autorités, qui assurent qu’il n’y a pas eu "de toxicité aiguë", suite à l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen, ne satisfait pas associations et syndicats, qui réclament la transparence sur les conséquences sanitaires et environnementales de cet accident industriel. Pour se faire entendre, ils appellent à manifester devant le Palais de justice de la capitale de la Normandie, ce mardi 1er octobre.

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Des produits "extrêmement dangereux" potentiellement incendiés

Gérard Le Core en est certain : "Les Rouennais ont raison de s'inquiéter pour leur santé." Car pour ce responsable santé-travail de la CGT Seine-Maritime, qui dénonce le manque de transparence de la part de la préfecture, des produits "extrêmement dangereux sont partis en fumée". Le syndicaliste base son argument sur un constat, celui des autorités qui ont d'ores et déjà "caché" le fait que "des milliers de mètres carré de toiture amiantée sont partis en fumée". Selon France Bleu Seine-Maritime, la toiture de l'usine contenait en effet de l'amiante.  Un sujet de santé publique que ce responsable à la CGT connaît bien. Au micro de LCI, il explique travailler dans cette ville "très industrielle", où une surmortalité par taux de cancer s’explique "en général par des expositions professionnelles ou environnementales".

La CGT, qui écrivait jeudi ne pas faire confiance à une communication "étatique qui se veut rassurante", a donc signé un appel à manifester. Tout comme une dizaine d’autres ONG et syndicats, elle constate que la Préfecture "fait silence sur les animaux morts" dans la zone de l’incendie et sur les maux de têtes et les nausées dont une partie de la population se dit victime. Face à un manque de clarté de la part de la préfecture qui "tente de rassurer la population", les signataires demandent une "transparence complète" notamment par la publication de la liste des produits qui ont brûlé et les "résultats complets d’analyse des fumées, de l’air, des résidus et de l’eau".  

La manifestation aura lieu à 18h devant le Palais de justice de Rouen. Une initiative qui a le soutien d’EELV.  Le secrétaire national du parti, David Cormand, estimant même dans un tweet que l’incendie dans l’entreprise classée Seveso est "le plus important accident industriel en France" depuis l’explosion de l'usine AZF de Toulouse. "Le ‘circulez il n’y a rien à voir’ des autorités est inacceptable".

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