VIDÉO - Saint-Denis : contre les dealers, des parents forment des chaînes humaines devant les écoles

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PARENTS D'ÉLÈVES - Des habitants de la Seine-Saint-Denis se mobilisent en formant une chaîne humaine devant des écoles. Un acte symbolique pour protéger l’école de leurs enfants du trafic de drogue qui a lieu à proximité de l’établissement. Une délégation sera reçue par le préfet ce mercredi.

L’action est "symbolique", mais elle permet d’alerter sur la situation. A Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), des parents forment tous les matins une chaîne humaine devant l’école de leurs enfants pour faire office de mur de protection contre des trafiquants de drogue. Un mode de mobilisation qui fait ses preuves : une délégation sera reçue ce mercredi 4 septembre par le préfet. 

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30 grammes de cannabis retrouvés dans les salles

Tous les jours, à 8h20, le scénario est le même. Les parents déposent les enfants à l’école, mais ne repartent pas aussitôt. Sur le trottoir, ils s’alignent et tendent les bras afin de former une longue chaîne humaine devant les grilles du groupe scolaire Victor-Hugo. Une façon de demander plus de sécurité dans cet établissement situé dans une zone minée par le deal. 

Car avec la cité Gabriel-Péri d'un côté et celle de Delaunay-Belleville de l'autre, le groupe scolaire se retrouve aujourd'hui au milieu de deux points de deal, parmi les plus importants de la Seine-Saint-Denis. Si bien qu’en mai dernier, deux jeunes individus se sont introduits dans la cour de l'école. Comme l'explique l'AFP, ce jour-là, les élèves avaient dû être confinés, tandis que les policiers retrouvaient quelques jours plus tard 30 grammes de cannabis dans l'enceinte de l'établissement. La goutte de trop. "On n’est pas à l’abri qu’un mec pas sain vienne régler ses comptes d’une manière ou d’une autre", indique Sylvain, inquiet. 

C'est une action symbolique- Agnès, parent d'élève

Si pour l'instant, ni les policiers, ni les habitants n'ont observé d'effet significatif de cette initiative sur le trafic, selon l’AFP, la mobilisation a repris en cette rentrée. "C’est une action symbolique", argue ainsi Agnès auprès de l’agence. Pour cette mère de 33 ans, l’important est de "montrer que nous sommes là et que nous ne sommes pas d’accord avec le fait que n’importe qui puisse rentrer dans l’école." 

La municipalité, communiste, soutient le mouvement, fournissant même une aide logistique. Elle a fait rehausser les barrières devant l’école et a obtenu le recrutement de vingt policiers supplémentaires, qui prendront leurs fonctions en septembre. Quant aux parents, une délégation sera reçue par le préfet ce mercredi. Au-delà des mesures de sécurité, ils comptent demander plus de moyens pour l'éducation ou la santé, convaincus que le "deal n'est qu'un symptôme" d'un territoire "abandonné". 

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