Salles de prières mixtes, imams femmes : deux projets de mosquées progressistes à l’étude à Paris

Salles de prières mixtes, imams femmes : deux projets de mosquées progressistes à l’étude à Paris

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RELIGION - Non satisfaites des lieux de cultes actuels et de leur vision de l’islam, deux associations de musulmans recherchent des financements et des locaux à Paris pour ouvrir leur mosquée progressiste. Ils souhaitent notamment y faire prêcher des imams femmes, et permettre aux fidèles de prier ensemble, dans des salles de prière mixtes.

Deux mosquées progressistes verront-elles bientôt le jour à Paris ? Deux projets sont actuellement à l'étude. Le premier est porté par Kahina Bahloul, doctorante en islamologie à l’Ecole pratique des hautes études, et Faker Korchane, professeur de philosophie. Selon une information du Monde confirmée à l’AFP, ils ont élaboré les "statuts" d’un lieu de culte qui serait constitué en association cultuelle loi 1905.


"Nous étions insatisfaits de l’offre actuelle des moquées musulmanes : si ce n’est pas du salafisme, cela reste un islam très traditionaliste, avec une certaine façon de lire les textes fondateurs, qui reste très dogmatique, pas toujours très ouvert. On a envie de vivre l’islam autrement" a expliqué à l’AFP Kahina Bahloul, de "sensibilité soufie", une branche mystique de l’islam.


Au sein de cette future mosquée nommée Fatima, ils aimeraient voir les hommes et les femmes prier dans la même pièce, "avec un côté pour les hommes et un autre pour les femmes, mais tous seraient sur la même ligne" continue Kahina Bouhloul. Un imam homme et un imam femme feraient en outre les prêches du vendredi, une semaine chacun. Voir une femme prêcher serait une première en France ; il en existe déjà aux Etats-Unis, en Allemagne ou encore au Danemark.

Accessible aux personnes non-voilées

"Les gens qui viennent sans se couvrir la tête seront également les bienvenus" ajoute Faker Korchane, défenseur de l’islam mutazilite, une école de théologie qui allie la raison à la foi. En recherche de financement, ils aimeraient tous les deux que "idéalement et symboliquement", Fatima soit implantée à Paris.


Outre ce projet, un deuxième est actuellement à l’étude : celui d’Anne-Sophie Monsinay et Eva Janadin, fondatrices de Voix d’un islam éclairé (VIE) – Mouvement pour un islam spirituel et progressiste : la "mosquée Simorgh". A l’automne dernier, elles ont déposé les statuts d’une association loi 1901 "qui a vocation à devenir une association cultuelle loi 1905". Elles sont à la recherche de financements et d’un lieu, de préférence à Paris.


"Il est urgent de construire de nouveaux lieux de culte pour incarner nos principes et répondre aux besoins des musulmanes et musulmans ‘orphelines et orphelins de mosquées’ qui se sentent très seuls dans pratique de l’islam et ne se retrouvent plus dans la vision majoritaire du culte musulman" écrivent-elles dans l’argumentaire de leur projet.

Des sermons en français

Elles ont également la volonté d’une mosquée "totalement mixte, sans séparation gauche-droite comme dans la mosquée Fatima, avec des femmes imams (elles-mêmes) et une liberté totale du point de vue vestimentaire" précise Eva Janadin. Les deux femmes souhaitent également donner des sermons en français, l’idée étant "d’inciter une véritable appropriation de l’islam par les musulmans français en leur permettant une compréhension approfondie du discours".   

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