Lévothyrox nouvelle formule : un rapport conclut à l’absence d'augmentation de "problèmes graves"

Population
ANALYSE - Les résultats d'une étude de pharmaco-épidémiologie ont permis d'analyser le nombre de décès, d'hospitalisations et d'arrêts de travail d'au moins sept jours, ainsi que la consommation de médicaments destinés à traiter des symptômes déclarés avant et après à l'arrivée de la nouvelle formule. Voici ce qu'il en ressort.

Davantage de consultations, pas de toxicité. C'est en somme ce qui ressort du rapport final d'une vaste étude menée sur plus de deux millions de patients, selon lequel le passage à la nouvelle formule de Lévothyrox n'a pas provoqué de "problèmes de santé graves", y compris chez ceux qui se sont tournés vers les alternatives à ce médicament pour la thyroïde.


Dans le détail, l'étude n'a pas mis en évidence d'augmentation de problèmes de santé graves (décès, hospitalisations, arrêts de travail...) ni de consommation de médicaments destinés à traiter des symptômes déclarés (antidouleurs, corticoïdes, antimigraineux, antivertigineux, antidiarrhéiques...) en lien avec le passage à la nouvelle formule (NF) du Levothyrox en France. 


En revanche, elle montre "une nette augmentation" des consultations équivalant à 360.000 consultations supplémentaires pour l'ensemble de la population traitée en France, soit quelque 3 millions et majoritairement des femmes. A ces consultations, particulièrement de généralistes et d'endocrinologues, concentrées sur la période d'août à octobre 2017, s'ajoute une hausse relative de l'utilisation de certains médicaments comme les benzodiazépines (pris généralement pour dormir ou contre l'anxiété, ndlr).

Statistiquement, le risque de décès ne diffère pas

Dans l'étude, le risque de décès ne différait pas statistiquement entre les deux groupes "6.355 dans le groupe NF - nouvelle formule (0,6%) et 6.387 dans le groupe AF - ancienne formule (0,6%)".En conséquence, les résultats complémentaires confirment les résultats principaux qui ne sont pas en faveur d'une toxicité propre de la nouvelle formule (NF) du Levothyrox, relève le docteur Rosemary Dray-Spira, épidémiologiste, co-auteure du rapport réalisé avec l'Assurance maladie/Cnam.


Pour rappel, à partir d'octobre 2017, des alternatives (L-Thyroxin Henning, Thyrofix, Tcap) au Levothyrox, sont devenues disponibles. Dans l'ensemble, la nouvelle formule a entraîné une nette augmentation (+31%) de la fréquence des dosages de TSH, qui contribue à surveiller et adapter le traitement. Extrapolé aux trois millions de patients traités, le nombre de dosages supplémentaires en 2017 est de  "l'ordre de 1.080.000".


Publié jeudi par l'Agence du médicament/ANSM, le rapport final, enrichi d'analyses complémentaires, a fait suite à la vague de déclarations d'effets indésirables inexpliqués qui avait suivi l'introduction par le laboratoire Merck, au printemps 2017, de la nouvelle version du Levothyrox, modifiant certains de ses excipients et destinée à apporter davantage de stabilité au produit.

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