Savez-vous qui vous livre vos colis ? Enquête sur le monde impitoyable des livreurs

Savez-vous qui vous livre vos colis ? Enquête sur le monde impitoyable des livreurs

VIS MA VIE - Ce sont grâce à eux que vos commandes en ligne arrivent sur le pas de votre porte. Et avec le confinement, leurs journées sont particulièrement chargées. Voici à quoi ressemble le quotidien d'un chauffeur-livreur.

Chauffeur-livreur, un métier dit essentiel, qui ne connaît pas la crise, surtout en cette période de confinement. Pas moins de 1,5 million de paquets sont livrés chaque jour en France. Et pour les professionnels du secteur, pas le temps de chômer. Amour a débuté sa tournée à 5 heures du matin. "C'est un peu la course. On essaie de satisfaire nos clients et de répondre à nos objectifs". Depuis deux ans, il travaille pour un prestataire de DPD, la filiale de La Poste. Ce jour-là, il doit livrer 97 colis un peu partout dans Paris. "Il faut être assez zen. Le stress, c'est ce qui tue un chauffeur-livreur", plaisante-t-il. 

Lui comme les autres ne sont payés au nombre de colis livrés. Mais pour terminer sa journée à 14 heures, il ne prend aucune pause et s'impose une cadence soutenue. "Dans l'idéal, il ne faut pas prendre pas plus de 10 minutes entre le moment où on se gare et la remise du colis au client", explique le jeune homme de 22 ans. "Heureusement, la circulation est plus fluide avec le confinement. Malgré tout, cela nous facilite un peu la tâche", philosophe-t-il.

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Des prestataires aux pratiques abusives

Une pression assumée par tous les acteurs du secteur. Chez le numéro un mondial, l'américain DHL, on motive les troupes chaque matin comme si c'était une compétition de football. Karim Djouzi, chef de secteur chez DHL, briefe ses équipes avant leur départ. "Le classement de la Champions League se termine semaine 48. On est à la semaine 45. Il ne reste plus que trois semaines. Nous avons creusé l'écart sur les autres agences de France",  énonce-t-il, devant un tableau répertoriant le nombre de livraisons. L'équipe qui aura livré le plus de colis sera la mieux notée. A la clé, une prime !

Face à la hausse des commandes sur Internet, 500 saisonniers viennent d'être recrutés. Le secteur de la livraison embauche en permanence. Seul diplôme obligatoire, le permis de conduire. Ici, les livreurs sont en CDD ou en CDI et peuvent gagner jusqu'à 2000 euros nets par mois. Mais ce n'est pas le cas partout. Les géants du commerce délèguent le plus souvent à des transporteurs qui font à leur tour appel à une myriade de sous-traitants et à des plateformes de livraison aux pratiques parfois abusives. 

Ancien chauffeur-livreur, Antoine (le prénom a été modifié) raconte avoir vécu un enfer lorsqu'il travaillait pour un prestataire. "Au début, on vous dit au maximum 120 colis. Et de 120, on passe ensuite à 180 puis à 200. La cadence était infernale", dénonce-t-il. À l’entendre, il arrive même que des livreurs travaillent jusqu’à onze jours d'affilée. "Ça m'est déjà arrivé de m'endormir au volant", relate-t-il, en colère. Les transporteurs, quant à eux, assurent être particulièrement vigilants quant aux conditions de travail des livreurs. En décembre, ils s'attendent à livrer 4 millions de colis par jour, soit trois fois plus que d'habitude.

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