Savon ou shampoing trop chers : 3 millions de Français contraints de faire des économies sur l'hygiène

Population
PRÉCARITÉ - Selon un sondage Ifop révélé par France Inter ce mardi, plus d'un tiers des Français en difficulté financière ont déjà renoncé à acheter du shampoing, du savon ou avoir été contraint de limiter leur consommation de papier toilette. Ils sont deux millions à confier se sentir mal à l'aise en raison de leur hygiène corporelle.

C'est un cercle vicieux. Un sondage Ifop commandé par l'association Dons solidaires et dévoilé ce mardi par France Inter met en évidence l'exclusion que subissent les plus pauvres à cause de leur apparence, elle-même liée à leur situation. Dans le détail, trois millions de Français n'ont pas les moyens d'avoir une hygiène correcte, révèle l'étude qui porte principalement sur  10 millions de personnes en difficulté financière. Parmi elles, plus d'un tiers ont notamment déjà renoncé à acheter du shampoing, du savon ou se sont vus contraintes de limiter leur consommation de papier toilette. 


Autre apprentissage de l'étude ? Cette précarité hygiénique s'accentue à mesure que les produits de première nécessité sont chers. Lessive, protections hygiéniques et couches pour bébés sont autant d'exemples qui illustrent ce fléau qui touche en premier lieu les femmes et les jeunes enfants. Ainsi, tandis que plus d'1,5 million de Françaises ne peuvent pas changer régulièrement de protection hygiénique ou ont recours à des moyens de fortune, près de trois millions de personnes ne peuvent pas remplacer autant qu'elles le souhaiteraient les couches de leurs petits. 

De même, environ 5 millions de personnes lavent leur linge à la main et dans plus de la moitié des cas, elles n'ont d'autre solution que d'utiliser du savon, du liquide vaisselle ou du gel douche.


Or, cette précarité hygiénique n'est pas sans conséquence sur la vie sociale et professionnelle des plus démunis, deux millions d'entre eux confiant se sentir mal à l'aise en raison de leur hygiène corporelle. Une gêne telle  qu'elle a conduit les trois quarts des personnes interrogées à annuler au moins une fois un entretien d'embauche dans le passé

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter