Forte hausse du nombre morts sur les routes en août : comment l'expliquer ?

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HAUSSE INQUIÉTANTE - Au mois d'août, la mortalité sur les routes a augmenté de 17,9%. À quoi faut-il l'imputer ? Pour les associations de prévention routière, les raisons sont nombreuses.

Selon les derniers chiffres publiés par la Sécurité routière, 290 personnes ont été tuées sur les routes au mois d’août. Alors que la mortalité routière avait baissé en avril et mai puis stagné en juin et juillet, celle-ci repart à la hausse, enregistrant un bond de 17,9 % par rapport au mois d’août de l’an dernier, même si elle est en revanche en baisse chez les cyclistes et les piétons. 

Si les causes précises de cette augmentation sont difficiles à établir - les chiffres de la Sécurité Routière n’étant pas détaillés -, Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, met surtout en cause le manque de mesures initiées par les différents gouvernement ces dernières années. "Depuis la mise en place des radars en 2003, qui a vu la mortalité routière divisée par deux, aucune autre mesure (d'ampleur) n’a été prise. Rien n’a été fait contre l’alcool au volant par exemple." 

Les associations partagées sur l'abaissement à 80 km/h

Remontée, la responsable de l'association estime que les autorités pèchent particulièrement dans le contrôle de la vitesse. "Les radars anciens et radars tourelles (radars fixes, ndlr) sont systématiquement détruits. Et la Sécurité routière continue à remplacer ces radars, alors qu’il faut absolument changer de politique et passer aux voitures banalisées", avance-t-elle, soulignant que ces dernières et les radars mobiles sont "la seule façon de contrôler efficacement la vitesse". 

Elle prend pour cela exemple sur les Britanniques qui, depuis 2011, remplacent progressivement leurs radars fixes par des radars nouvelle-génération, tels que les voitures-radars et de radars-lasers utilisés par les forces de l’ordre. 

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Faut-il également y voir l'échec de l'abaissement de la vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires, mesure en vigueur depuis juillet 2018 censée permettre d'épargner jusqu'à 400 vies par an ? Les associations ne sont pas toutes d'accord sur la question. Il faut dire que si les chiffres ne sont pas donnés route par route, la Sécurité routière indique toutefois que la hausse de la mortalité concerne "tous les réseaux routiers" - il ne s’agirait donc pas seulement du réseau secondaire. Reste que pour 40 millions d’automobilistes, "ces nouveaux chiffres catastrophiques sont bien la preuve" que cette mesure n’est pas efficace.

"Les 80 km/h n’ont pas permis de sauver une seule vie ces derniers mois", a réagi dans un communiqué Pierre Chasseray, directeur général de l’association. "On constate même que les résultats sont plus mauvais depuis le début de cette année que sur la même période l’année précédente, alors que l’on roulait encore à 90 km/h." 

Accroître la vitesse, c’est accepter d'accroître le nombre de morts- Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière

Mais alors que le gouvernement a donné avant l'été son feu vert à un assouplissement de la mesure, Chantal Perrichon fait valoir pour sa part qu'""accroître la vitesse, c’est accepter d'accroître le nombre de morts". Allant dans ce sens dans une tribune publiée dans Le Parisien, Claude Got, professeur de médecine et spécialiste de santé publique, explique lui aussi qu’"étant donné la relation entre vitesse et accidentalité, le retour à 90 sur certaines voies ne pourrait l'être qu'au prix d'un plus grand nombre de tués".  

Pour parvenir à ce constat, ce dernier a d'ailleurs piloté, sur demande de la Ligue contre la violence routière, une étude - publiée dans le JDD - cartographiant les accidents mortels dans 35 départements français et démontrant la nécessité de maintenir les 80 km/h sur les routes secondaires. 

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À noter que sur les huit premiers mois de l’année 2019, 2133 personnes ont été tuées sur les routes, soit 35 de plus qu’à la même période de l'année 2018. 

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