Sécurité routière : les maires bientôt autorisés à installer des radars fixes ?

Sécurité routière : les maires bientôt autorisés à installer des radars fixes ?

SÉCURITÉ ROUTIÈRE - Le ministre de l’Intérieur souhaite autoriser les maires à installer des radars automatiques dans leur ville, sans avoir à obtenir l’accord du préfet. Une proposition de loi sera débattue à l'Assemblée nationale le 17 novembre prochain.

Les radars fixes vont-ils pousser comme des champignons sur les routes de l'Hexagone ? Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, soutient une proposition de loi visant à autoriser les maires à installer des radars automatiques dans leur commune, sans avoir à obtenir l'accord du préfet. "Les collectivités, en lien avec les habitants, pourront ainsi mettre des radars de vitesse, de contrôle du bruit ou de la pollution là où elles les estiment utiles", défend ainsi le locataire de la place Beauvau, dans un entretien accordé à nos confrères de Ouest-France

À Pousseaux (Nièvre), petit village de 200 âmes, la route nationale 151 est devenue la bête noire du maire. Sur cet axe qui traverse la Nièvre et l’Yonne, la vitesse est limitée à 70 kilomètres par heure. En théorie, seulement. Car les automobilistes ont le pied lourd. Ce qui a le don d’agacer l’édile. Il aimerait pouvoir installer un radar automatique pour freiner les incivilités. Mais depuis quatre ans, le dossier est au point mort. "Je n’ai jamais eu de réponse, ni négative ni positive, de la part de l’État. On a répertorié une dizaine d’accidents matériel sur cette route. Je veux surtout éviter qu’un jour il y ait un mort", explique le maire de Pousseaux, Jacques Vigier.

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Vers une multiplication des radars ?

L'implantation des radars fixes de contrôle de la vitesse est aujourd'hui décidée par les préfets à partir de différents critères d'accidentologie et d'infrastructures routières, en lien avec les directions départementales des territoires (DDT). L'adoption de la mesure proposée par Gérald Darmanin pourrait permettre aux maires de répondre aux attentes de leurs administrés, notamment sur la question des nuisances sonores ou de la pollution. Elle pourrait également entraîner une multiplication du nombre de radars sur les bords des routes. 

Du côté des automobilistes, on s'interroge sur le fondement d'une telle mesure. "Il faut que les radars soient installés à des endroits dangereux et pas uniquement pour faire du chiffre", s'inquiète l'un d'eux. A en croire Denis Thoriot, maire (LaREM) de Nevers (Nièvre), chaque installation sera murement réfléchie. "Mon ambition n’est pas de mettre des radars fixes partout afin de piéger les gens. Il s’agira d'abord de réfléchir s’il y a besoin ou non d’en installer, en y associant la population. Et si oui, définir où est-ce qu’on les implante à travers des réunions publiques", assure l'édile. 

Un coût estimé entre 90.000 et 165.000 euros

Cette mesure doit être intégrée à la proposition de loi pour une "sécurité globale", qui doit être débattue à partir du 17 novembre à l'Assemblée nationale. Un élément pourrait néanmoins freiner les communes. Les radars installés à leur initiative le seront à leur charge. Parmi les maires favorables à cette mesure, beaucoup espèrent que des subventions seront prévues lors du vote. Un rapport parlementaire de 2014 estimait le coût d'installation d'un radar fixe entre 90.000 et 165.000 euros.

Quant aux recettes générées par les radars automatiques, elles ont baissé l'an dernier pour la deuxième année consécutive, pour atteindre 760 millions d'euros selon les chiffres de la Sécurité routière. Jusqu'en 2018, le montant des amendes forfaitaires et majorées n'avait cessé d'augmenter depuis la mise en place des radars automatiques en 2003, dépassant même la barre symbolique du milliard d'euros en 2017.

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