Malgré la crise sanitaire, les personnels de santé ne décolèrent pas

Malgré la crise sanitaire, les personnels de santé ne décolèrent pas
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AMBIANCE - Alors que la situation sanitaire est de plus en plus difficile jour après jour dans certains hôpitaux, la grève est à nouveau d'actualité. A Dijon, ce sont les infirmiers de bloc opératoire qui ont fait grève la semaine dernière. Au Kremlin-Bicêtre, c'est le chef de service des urgences qui a démissionné et à Nîmes, Rennes ou encore Morlaix, les professionnels ont annoncé une grève à compter de ce jeudi 1er octobre.

"On est épuisés". Ce son de cloche est quasi-unanime. Les personnels de santé sont à bout de forces. La crise liée au Covid-19 a bien laissé des traces physiques et psychologiques mais ils ne décolèrent pas. Selon eux, le Ségur de la Santé n'a rien arrangé à la situation déjà tendue dans les hôpitaux alors ils ont décidé de se faire entendre à nouveau. 

Plusieurs services dans divers hôpitaux de France ont décidé, au cours de ces dernières semaines, de se mettre en grève, tandis qu'Olivier Véran a fait appel ce dimanche dans le Grand Jury  à des renforts pour les Ehpads. A Dijon, au Kremlin-Bicêtre, à Nîmes ou encore à Morlaix, l'exaspération est toujours là et avec la perspective d'une seconde vague, la colère s'ajoute à l'épuisement. 

Au Kremlin-Bicêtre, le chef des urgences a démissionné

La rumeur d'une démission de chef de service des urgences du Kremlin-Bicêtre bruissait depuis quelques jours et a été effective à la mi-septembre. Après dix années à la tête du service des urgences du CHU du Val-de-Marne, le Dr Maurice Raphaël a décidé de raccrocher. Dans les colonnes de Libération, il a annoncé lundi 21 septembre dernier qu’il avait démissionné, "refusant de mourir à la tâche et dans l’indifférence de l’administration". Dans sa lettre, il dénonce notamment un manque de personnels dont un "planning de décembre, sans médecin".

A Dijon, les infirmiers de bloc opératoire montent aussi au créneau

Peu habitués à se faire entendre, les infirmiers de bloc opératoire ont eux aussi débrayé ces derniers jours. A Dijon, le 20 septembre dernier, les 25 infirmiers de blocs opératoires du centre hospitalier universitaire se sont mis en "grève surprise" durant quelques heures, "pour ne pas mettre les patients en danger". Ils protestaient "contre le refus de la direction d'appliquer un texte de revalorisation salariale que d'autres hôpitaux appliquent déjà", précisait François Thibaut, du syndicat CGT au CHU, au Bien Public. 

Le Ségur de la santé et le manque de personnel les poussent à la grève

Une situation délétère qui rappelle les démissions de nombreux chefs de service de leurs fonctions administratives, au cours de l'année 2020. Au CHU de Nîmes, pas de démission, mais les équipes paramédicales des urgences ont annoncé se mettre en grève ce jeudi 1er octobre. Ils dénoncent dans un communiqué leurs conditions de travail, devenues extrêmement difficiles. La création d'une zone Covid sans effectif supplémentaire a été la goutte d'eau, d'autant que le nombre de passages est redevenu le même, qu'avant le confinement : environ 300 tous les jours. 

"Les patients restent des fois plusieurs jours aux urgences, avant d'être hospitalisés (...) En ce moment, on est obligé de faire les transfusions dans les couloirs, tout en prenant en charge le flux de patients qui continuent à arriver", explique une source à LCI. "Nous ne sommes plus en mesure d’assurer la sécurité des prises en soins des patients accueillis au sein du service des urgences", nous dit-on. Ils réclament ainsi l'embauche de cinq personnes. 

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A Morlaix, les personnels se mobilisent également ce 1er octobre à l'appel du syndicat CFDT Santé-Sociaux qui invite les agents hospitaliers à un débrayage, pour dénoncer le fait que certains agents de l'établissement de santé et des Ehpad, soient exclus d'une aide prévue dans le cadre du Ségur de la Santé. Même chose à Rennes, où certains soignants, exclus de l'augmentation de salaire annoncée dans le Ségur, ont eux aussi décidé de se mettre en grève à compter de ce jeudi. A Nantes, les personnels de la clinique du Parc sont en grève depuis une quinzaine de jours pour demander une revalorisation salariale. Dans le CHU de la même ville, les syndicats réclament quant à eux la création de 1400 postes.

Des lits qui ferment et des salaires moyens en baisse

Ces grèves interviennent dans un contexte sanitaire et logistique très compliqué pour les hôpitaux. En début de semaine, une étude du Ministère de la santé indiquait qu'un peu plus de 3.400 lits d'hospitalisation complète avaient été fermés en 2019 dans les établissements français. Et les grèves et manifestations de l'an dernier n'ont pas inversé la tendance, la capacité d'accueil a été réduite de 0,9% en 2019. Les 3.005 établissements publics et privés disposent très exactement de 392.262 lits d'hospitalisation complète, soit 3.408 de moins en un an, précise la direction statistique des ministères sociaux (Drees).

L'Insee enfonce un peu plus le clou ce jeudi en indiquant que le salaire net moyen dans la Fonction publique hospitalière a diminué de 1% en euros constants en 2018 comparé à 2017 après quatre ans consécutifs de hausse. En 2018, un agent de la fonction publique hospitalière (FPH) percevait en moyenne 2.308 euros net par mois en équivalent temps plein (EQTP). Cette moyenne prend en compte tous les salariés des hôpitaux et des établissements médico-sociaux, qu'ils soient fonctionnaires, contractuels ou personnels médicaux, précise l'Insee. 

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Le salaire net moyen augmente de 0,9 % en euros courants par rapport à 2017. Mais avec l'inflation, il diminue de 1%, après quatre années consécutives de hausse, détaille l'organisme. Le salaire net moyen des fonctionnaires de la FPH diminue de 1,2% en euros constants. Le salaire net des femmes, qui représentent plus de trois agents sur quatre dans la FPH (90% des aide-soignants et 50% des médecins), est inférieur de 20,8% à celui des hommes. A profil identique, l'écart salarial est de 3,7%.

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