Séisme : la centrale nucléaire de Cruas à l'arrêt le temps de faire les vérifications nécessaires

Cinq de nos centrales nucléaires sont situées dans des zones sismiques. Elles sont particulièrement surveillées. Mais qu'en est-il de leur sécurité ?
Population

SÛRETÉ NUCLÉAIRE - Après le séisme qui a touché l'Ardèche et la Drôme ce lundi, les réacteurs de la centrale nucléaire de Cruas ont été mis à l'arrêt, le temps de faire les vérifications nécessaires, comme l'impose la procédure de sécurité.

L'épicentre du séisme survenu ce lundi 11 novembre dans le sud-est de la France était situé à une dizaine de kilomètres de la centrale nucléaire de Cruas (Ardèche) et à une trentaine de kilomètres de celle du Tricastin (Drôme). Des mesures ont donc été prises pour vérifier que ces sites n'aient pas été endommagés et que leur exploitation ne présente aucun risque.

Lire aussi

Si aucun dommage n'a été constaté sur ces deux centrales, la décision a tout de même été prise de mettre à l'arrêt les réacteurs de celle de Cruas. "A la centrale nucléaire de Cruas-Meysse, les premiers contrôles n’ont pas mis en évidence de dégât apparent. Des vibrations ont cependant été enregistrées, ce qui nécessite de procéder à des contrôles complémentaires et préventifs. Afin de les réaliser et dans l’esprit du principe de précaution, EDF a décidé de suspendre momentanément la production des réacteurs n°2, 3 et 4 de la centrale de Cruas-Meysse" a indiqué l'entreprise dans un communiqué publié ce lundi

En vidéo

Séismes : pourquoi la terre tremble-t-elle en France ?

Un procédé conforme à la procédure de sécurité en vigueur. En effet, "conformément à la procédure de sécurité et de précaution établie par l'opérateur, un arrêt des réacteurs surviendra dans les prochaines heures, afin de permettre un audit approfondi des installations", a expliqué le préfet de la Drôme lors d'une conférence de presse lundi. Le séisme a en fait déclenché une alarme sur un des cinq réacteurs de la centrale, poussant aux vérifications nécessaires. 

Plus tôt dans la journée, l'Agence de sûreté nucléaire (ASN) avait assuré dans un communiqué que le séisme n'avait provoqué "aucun dommage apparent" à ces sites, mais avait demandé à EDF de "vérifier si les valeurs enregistrées dépassaient les seuils à partir desquels un examen  plus poussé des installations, nécessitant l’arrêt des réacteurs, est nécessaire". 

Aucun seuil d'alerte déclenché au Tricastin

Si la centrale nucléaire du Tricastin n'a pas été soumise à la même procédure de sécurité, c'est parce qu'aucun seuil d'alerte n'y a été mesuré. Certaines installations ont été temporairement arrêtées sur le site Orano du Tricastin, mais sans que cela n'ait été pour des motifs de sûreté.

Sur Twitter, le réseau "Sortir du nucléaire" a souligné que la magnitude de ce séisme était supérieure au "séisme majoré de sécurité" de 5,2 pour lequel les centrales du Tricastin et Cruas ont été construites. Mais le directeur des centrales nucléaires à l'ASN Rémy Catteau a pour sa part observé qu'il fallait prendre en considération l'accélération du sol ressentie sur place, et pas la magnitude mesurée au niveau de l'épicentre.

Une porte-parole de l'ASN a indiqué à l'AFP que l'arrêt des réacteurs pourrait durer "quelques jours", en fonction de ce qu'on trouvera ou pas.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter