Sida : une deuxième personne probablement guérie, 10 ans après le premier cas mondial

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ESPOIR - Dix ans après un premier cas de rémission chez un patient souffrant du VIH-1, un deuxième cas n'a pas montré de signe d'infection depuis près de 19 mois ont rapporté des chercheurs. Le traitement appliqué a été le même : une transplantation de moelle osseuse.

Un deuxième cas qui confirme que le premier n'était pas "une anomalie". Dix ans après le premier cas confirmé d'un patient souffrant du VIH-1 s'étant remis de cette maladie mortelle, un deuxième cas, connu comme "le patient de Londres", n'a pas montré de signe d'être atteint du virus à l'origine du sida depuis près de 19 mois, ont rapporté les chercheurs dans le journal Nature. Ce dernier, qui a interrompu son traitement, est probablement guéri, doivent même annoncer les scientifiques lors  de la Conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI) à Seattle, aux Etats-Unis, ce mardi.


Dans le détail, ces deux cas mondiaux de rémission durable ont subi des transplantations de moelle osseuse pour traiter des cancers du sang, en recevant des cellules souche de donneurs ayant une mutation génétique présente chez 1% de la population mondiale qui empêche le VIH de s'installer. "En parvenant à une rémission sur un deuxième patient tout en utilisant une approche similaire, nous avons montré que le 'patient de Berlin' n'a pas été une anomalie", s'est félicité le principal chercheur Ravindra Gupta, professeur à l'Université de Cambridge, en faisant référence au premier cas mondial de rémission chez un malade atteint du VIH.

"Le deuxième cas renforce l'idée qu'une guérison est possible"

Ravindra Gupta et son équipe soulignent que la transplantation de moelle osseuse, une procédure dangereuse et douloureuse, n'est pas une option viable pour le traitement du VIH. Mais ce deuxième cas de rémission et probable guérison à la suite d'une telle transplantation va aider les scientifiques à réduire le nombre de stratégies de traitement. "On peut essayer de déterminer qu'elle part de la transplantation a fait la différence pour permettre à cet homme de cesser de prendre ses médicaments antiviraux", a déclaré à l'AFP Sharon R Lewin, directrice de l'Institut Doherty et professeure à l'Université de Melbourne, précisant que "le deuxième cas renforce l'idée qu'une guérison est possible".


Le patient britannique, anonyme, avait été diagnostiqué comme atteint du VIH en 2003 et suivait une thérapie antirétrovirale depuis 2012. Plus tard la même année, il avait été diagnostiqué comme atteint d'une forme avancée de la maladie de Hodgkin, un cancer du système lymphatique. Seize mois après avoir subi un transplant de moelle osseuse en 2016, le traitement du patient a été interrompu. Or, des tests réguliers ont confirmé que la charge virale du patient était indétectable depuis. Le "patient de Berlin", soigné pour sa part pour une leucémie, avait subi deux transplantations ainsi qu'une irradiation sur l'ensemble du corps.

Une nouvelle forme de VIH résistante aux médicaments

Des millions de personnes infectées par le VIH à travers le monde contrôlent cette maladie à l'aide d'une thérapie antirétrovirale (ARV), mais ce traitement ne débarrasse pas les patients du virus. "En ce moment, la seule façon pour traiter le VIH est par l'administration de médicaments qui contiennent le virus et que les gens doivent prendre toute leur vie", a souligné Ravindra Gupta. "Cela représente un défi particulier dans les pays en voie de développement", où des millions de personnes n'ont pas accès à un traitement adéquat, a-t-il ajouté.


Près de 37 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, mais seules 59% d'entre elles bénéficient d'ARV. Alors que près d'un million de personnes meurent encore chaque année d'affections liées au VIH, une nouvelle forme de VIH résistante aux médicaments représente une préoccupation grandissante.

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