Ce que l'on sait de la suspicion d'intoxication alimentaire qui a fait 5 morts dans un Ehpad de Haute-Garonne

Population

FAIT DIVERS - Cinq personnes sont mortes après une possible intoxication alimentaire au sein de la maison de retraite "La Chêneraie", dans la commune de Lherm (Haute-Garonne). Voici ce que l'on sait pour l'instant de ce drame.

Le bilan est lourd pour l'établissement de la Chêneraie, à Lherm, en Haute-Garonne. Dns la nuit de dimanche à lundi, quatre pensionnaires de cet Ehpad ont perdu la vie, avant qu'un cinquième décès ne soit annoncé dans la matinée de lundi. "Vingt-deux résidents de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes 'La Chêneraie' à Lherm auraient été victimes d’une intoxication alimentaire dans la soirée du 31 mars après le dîner", précisait la préfecture dans un communiqué. 

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Voici pour l'heure ce que l'on sait :

Les faits

Peu de temps après le dîner, une vingtaine de pensionnaires sur les 80 que compte l'Ehpad ont été pris de malaises. Tous avaient mangé le même repas. Selon nos informations, un premier décès a été prononcé aux alentours de 20 heures. Trois autres personnes au cours de la soirée. Dans la matinée de lundi, la mort d'un cinquième personne a été annoncée. 

Selon la préfecture, quinze personnes ont par ailleurs été évacués vers les différents hôpitaux de la région, en urgence relative. Les secours se sont rendus "immédiatement sur place" et le centre opérationnel départemental activé. Un centre d'accueil des familles a été mis en place et une cellule d'urgence médico-psychologique va être constituée, selon les services de l'Etat. À noter que les familles peuvent appeler au standard de l'Ehpad au 05 62 23 27 22.

Une suspicion d'intoxication alimentaire

L'intoxication alimentaire est la piste privilégiée par les enquêteurs en raison des premiers symptômes constatés : des patients ont été pris de vomissements. Reste que le communiqué des autorités reste au conditionnel. Et de fait, la prudence est de mise. Selon nos informations, la majorité des résidents n'a d'ailleurs aucun symptôme. 

Sur son site internet, l'Ehpad indique qu'il emploie des cuisiniers salariés qui élaborent "une cuisine régionale préparée sur place, sans liaison froide". Un point commun, néanmoins : toutes les victimes ont dîné sous forme mixée, indique une source proche de l'enquête à LCI. Les pensionnaires ayant dîné sous forme solide n'ont aucun symptôme, ce qui resserrerait les pistes autour de l’étape de mixage. Le plat proposé mixé était un haché de bourguignon.

Le dernier contrôle d'hygiène conforme, selon la société

Ce lundi, la société Korian, propriétaire de l'établissement précise dans un communiqué que les repas sont préparés "sur place" et non par un service extérieur. "L'établissement, qui fait partie du Groupe Oméga, repris par le groupe Korian le 18 février dernier, produit les repas sur place avec ses propres équipes de cuisine", indique le groupe, précisant qu'une "enquête interne" a été lancée. "Le dernier contrôle réglementaire d'hygiène périodique, réalisé par un bureau d’étude externe, avait eu lieu le 12 février 2019. Les résultats de ce contrôle étaient conformes", assure Korian, qui présente ses condoléances aux familles

Les victimes

Le bilan demeure provisoire mais il fait état de cinq morts, ce lundi matin. La dépêche indique que les quatre premières victimes sont des femmes âgées de 95 ans, 94 ans, 93 ans et 76 ans. Le cinquième décès concerne un homme âgé de 93 ans. Le groupe Korian indique ce lundi à la mi-journée que 13 pensionnaires sont toujours en observation à l'hôpital. Trois autres ont pu regagner la résidence. 

L'enquête

Les investigations "sont en cours pour déterminer l’origine de l’intoxication alimentaire présumée", a indiqué la préfecture. Les chambres et la cuisine ont été mis sous scellés. L'enquête sera menée par la section de recherches de Toulouse. L'Agence régionale de santé explique de son côté que les premières investigations ont été entamées dès cette nuit et que "les repas-témoins ont été mis sous séquestre et conservés dans l’attente de l’intervention de la Direction départementale de la protection des populations". Les "investigations se poursuivront ce lundi sur la base d’un questionnaire alimentaire qui sera administré auprès des résidents", poursuit l'ARS.

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