Soutien au sport : des sénateurs proposent d'autoriser la publicité pour l'alcool dans les stades

En France, le football a été mis à l'arrêt par la crise sanitaire.

SANTE PUBLIQUE - Un groupe de travail au Sénat consacré au sport préconise un assouplissement de la loi Evin sur la publicité pour l'alcool dans les enceintes sportives. Une proposition qui a fait vivement réagir les professionnels des addictions.

Pour relancer l'économie du sport, fortement affaiblie par la crise sanitaire, des sénateurs ont trouvé une solution. La présidente de la commission de la Culture, Catherine Morin-Desailly, propose dans le cadre d'un groupe de travail "transpartisan" consacré au sport, dix mesures pour relancer le secteur, dont une visant à assouplir la loi Evin réglementant la publicité en faveur de l'alcool. 

Les sénateurs préconisent ainsi "d'assouplir la loi Évin dans les enceintes sportives avec une évaluation en 2022", avec l'objectif de générer entre 30 et 50 millions d'euros par an pour les clubs professionnels. Prenant les devants sur d'éventuelles critiques, ils estiment que "les circonstances ont changé du tout au tout depuis une vingtaine d'années" en matière de consommation d'alcool, et que "la violence dans les stades a été largement jugulée et le public canalisé". 

Il s'agirait d'autoriser à nouveau la publicité pour des alcools à moins de 18 degrés, notamment sur les maillots de foot. 

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La proposition sénatoriale a suscité vendredi 19 juin la colère de l'Association nationale de prévention en addictologie (ANPAA), opposée de longue date à tout assouplissement de la loi Evin. 

"Ce nouvel épisode montre que les lobbies de l’alcool n’ont pas cessé leur activité durant la crise et qu’ils sont toujours au chevet de parlementaires prêts à les écouter", a fustigé l'association dans un communiqué. "Sous le prétexte du soutien au sport, l’industrie de l’alcool n’a qu’une priorité : rogner progressivement la plus grande loi de santé publique dont la France se soit dotée.

Pour l'ANPAA, les auteurs de la proposition "éludent les sujets embarrassants", comme "l'incitation générale à la consommation d'alcool qui en découlerait, notamment chez les jeunes". 

Les propositions visant à assouplir la loi Evin sont récurrentes au Parlement. En août 2019, Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé, avait recalé une proposition identique, issue notamment de sa majorité à l'Assemblée nationale, visant à assouplir la législation dans les enceintes sportives. 

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