Stéphane, témoin du meurtre de Samuel Paty : "A 30 secondes près, on aurait pu faire quelque chose"

"On se dit qu'on aurait pu faire quelque chose". Il a tout vu, et cela hante ses nuits... Depuis trois jours, Stéphane ne dort plus. C'est devant chez lui que Samuel Paty a été décapité vendredi 16 octobre. "L'assaillant était juste derrière le mur, à 40 mètres de mes petits-enfants et de mes enfants", raconte-t-il. Une vision d'horreur que Stéphane, toujours traumatisé, a du mal à effacer de son esprit.

RECIT - Stéphane était chez lui, à 40 mètres à peine de la scène, lorsque Samuel Paty a été attaqué par un terroriste, vendredi 16 octobre. Il témoigne.

Il a tout vu, et cela hante ses nuits. Depuis trois jours, Stéphane ne dort plus. La mort de Samuel Paty, le professeur d'histoire décapité, a eu lieu devant chez lui. "L'assaillant était juste derrière le mur, à 40 mètres de mes petits-enfants et de mes enfants", raconte-t-il dans la vidéo en tête de cet article. 

Une vision d'horreur que Stéphane, toujours traumatisé, a du mal à effacer de son esprit. Se frottant frénétiquement les cuisses, il poursuit son récit glaçant : "Il a fallu que je retourne deux fois sur la scène de crime pour savoir si ce n'était pas mon petit-neveu. J'ai eu ce choc-là", dit-il.  "Après..." L'homme fait une pause, il cherche ses mots, puis ajoute : "C'était barbare".

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L'assaillant était devant le garage, il était seulement en train d'envoyer sur les réseaux sociaux les photos de l'acte odieux qu'il a fait.- Stéphane

Mais malgré la peur qui paralyse, Stéphane essaie d'agir, vite. "Nous on est trois, quatre hommes, on cherche des bâtons partout, on ne sait pas ce qui se passe. Il y a juste un homme décapité devant chez nous", relate-t-il. Et d'enchaîner : "Donc le temps que je mette mes enfants dans la caravane par terre, et puis que je cherche autour ce qui se passe, et puis la peur qu'on avait, et bien en fin de compte, l'assaillant était devant le garage, il était seulement en train d'envoyer sur les réseaux sociaux les photos de l'acte odieux qu'il a fait", se souvient-il, surpris par tant d'aplomb de la part de l'agresseur. 

Mais il admet aussi que tout aurait pu basculer. Car un témoin s'est retrouvé juste devant l'assaillant, armé. "Il était face à face avec un autre garçon que je connais, qui était en train de réparer sa voiture dans ce fameux garage. Et là, ils étaient tête à tête. Il m'a expliqué qu'il est resté tétanisé. Il l'a regardé les yeux dans les yeux", poursuit-il, encore effrayé. C'est finalement la police qui mettra fin à cette échappée sanglante. "Mon gars, comme il est reparti en courant, il s'est retourné parce qu'il avait peur pour sa vie certainement, et là il a entendu les sirènes, et il a vu l'assaillant partir au fond de la rue où il s'est fait abattre", détaille-t-il.

Trois jours après cette issue funeste, les cicatrices sont toujours béantes et mettront du temps à se refermer, pour Stéphane mais aussi pour ses petits-enfants, témoins de cette tragédie. "J'ai mes petites-filles hier qui m'ont demandé : 'Il est où le monsieur qui a la tête coupée ?'". Il s'arrête et puis reprend, des sanglots dans la voix : "Elles ont 4 ans".

Aujourd'hui Stéphane regrette de n'avoir rien pu faire. "On se dit qu'on aurait pu, on va être honnête. On a la colère de tout ça. On se culpabilise, et on se dit qu'à 30 ou 40 secondes près, on aurait pu faire quelque chose".

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