Lutte contre le trafic : les fabricants de cigarettes doivent désormais tracer leurs paquets

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TABAC - Depuis ce lundi, chaque nouveau paquet de cigarettes produit à destination du marché français - et européen - doit porter un étiquetage unique permettant de le tracer. Le résultat d'une directive européenne financée par les fabricants pour lutter contre la contrebande.

Assurer la traçabilité pour mieux combattre les trafics. C'est là tout l'objectif d'une directive européenne sur les paquets de cigarettes qui entre en vigueur ce lundi 20 mai. Votée en 2014, elle oblige les fabricants des 40 pays qui ont ratifié le texte de combattre le marché parallèle en étiquetant leurs produits d'un identifiant unique. 

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3 milliards d'euros de pertes pour la France

D'après les estimations de l'industrie du tabac, le commerce parallèle représenterait 10% du marché mondial. Une donnée qui reste difficile à évaluer : selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ces calculs sont souvent "peu fiables et alarmistes". En effet, les fabricants de cigarettes soutiennent que les nouvelles loi pour lutter contre le tabagisme ne le font pas diminuer et alimente au contraire le marché noir, poussant la clientèle à s'orienter vers des paquets provenant de la contrebande ou de pays avec une taxation plus faible. De plus, ce commerce parallèle entraîne des "pertes de revenus conséquentes" pour les gouvernements, parfois estimées à 3 milliards d'euros pour la France, et contribuent à financer des "activités criminelles et le terrorisme".

Cette directive a donc été mise en place pour lutter contre la contrebande et pour tordre le coût aux discours "alarmistes" des fabricants. Ces derniers auront la charge de financer ce nouvel identifiant unique. Constitué de codes, il sera composé de cinq signes, dont l’un est uniquement détectable en laboratoire, sous le modèle des billets de banque. De quoi permettre de tracer le paquet du lieu de production ou d'importation, jusqu'à son point de vente au détail.

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Une initiative saluée par le président de l'association "Alliance contre le tabac ". Interrogé par Les Echos, Loïc Josseran, se réjouit ainsi d'une avancée qui va permettre de mettre au clair "l'activité et les ventes des fabricants". "Quand on interceptera une cargaison en France, on saura si elle est à destination du marché espagnol, français ou belge."

Seul bémol, selon un cigarettier interrogé par l'AFP, si cette directive entre en vigueur aujourd'hui, ces paquets devraient tarder à arriver chez les buralistes. "Ces paquets n'arriveront sur le marché que dans environ deux mois", explique-t-il, estimant que l’État a "pris beaucoup de retard" dans l'application de la directive européenne.

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