Albi : vague de soutien pour Alexis, un lycéen convoqué à cause de son maquillage

Albi : vague de soutien pour Alexis, un lycéen convoqué à cause de son maquillage
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SOUTIENS - Ce jeudi, quelques centaines d’élèves d’un lycée d’Albi sont venus maquillés en soutien à Alexis, un camarade de classe convoqué par la CPE de l'établissement à cause de son style vestimentaire.

Yeux colorés, lèvres rosies et cils noircis. Plusieurs élèves du lycée Bellevue à Albi, dans le Tarn, sont venus en classe maquillés ce jeudi 21 février. Un geste en soutien à l'un de leurs camarades, Alexis, qui avait été convoqué en début de semaine après qu'une mère se soit plaint de l'apparence du jeune homme. 


Avec son trait d’eye liner noir et des paillettes sur les yeux, le jeune homme affiche un maquillage impeccable et un style assumé. Une allure qu’il arbore depuis la rentrée mais qui a choqué une élève plus jeune. Lundi, le lycéen, élève en première, avait expliqué sur Instagram avoir été convoqué par la conseillère principale d’éducation (CPE) qui lui aurait interdit de se maquiller, le menaçant d’exclusion.

"Je viens d’être convoqué chez la CPE parce qu’une collégienne a été choquée que je me maquille et sa mère a appelé pour dire que c’était choquant, donc je n’ai plus le droit de me maquiller sinon byebye le lycée", écrivait alors Alexis. Une capture d’écran d’un internaute publiée dans un tweet ayant atteint les 10.000 partages a ensuite provoqué une vague de soutien dans tout l’établissement. Et dès mardi, quelques élèves sont venus en copiant le style du jeune homme. 

Selon le journal La Dépêche, la proviseure de l’établissement avait bien demandé à ce que le jeune homme soit reçu par la CPE. La raison : une mère d’une collégienne avait appelé l’établissement, disant que sa fille était choquée par ce maquillage.


"Visiblement, elle a été choquée et en a parlé à sa mère qui nous a contactés pour faire part de son inquiétude. Nous avons répondu comme nous avons pu pour la rassurer et notre CPE en a discuté avec Alexis. Il a lui-même reconnu qu’il portait un maquillage très marqué ce jour-là", a indiqué la proviseure au journal local. La cheffe d’établissement assure en revanche qu’il n’a jamais été question ni d‘interdire le maquillage ni de l’expulser, seulement d’alléger le trait.

Reconnaître "la liberté de chacun"

Pour le jeune homme, ce n’est désormais plus un problème d’exclusion mais de reconnaissance de "la liberté de chacun" de s’habiller comme il veut. "Même en étant hétéro, je ne vois pas pourquoi le maquillage et les talons devraient être catégorisées et genrés", affirme-t-il au micro de France 3, déterminé à poursuivre son combat. 


Un combat repris par ses camarades de classe : ce jeudi encore, nombreux sont ceux à être venus de nouveau maquillés. D'après une élève de première L citée par La Dépêche, ils étaient ainsi 200 à s'être fardés dans un établissement qui compte 800 élèves.

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