"Taspensea", le compte Instagram qui poursuit le débat sur la charge mentale

"Taspensea", le compte Instagram qui poursuit le débat sur la charge mentale

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CHARGE MENTALE - C'est le petit compte qui monte, sur Instagram. "taspensea" ( T'as pensé à...?) relaie les témoignages de femmes exposées à la charge mentale pour en finir avec ce poids invisible qui pèse dans l'intime. Interview avec sa créatrice.

Et si on continuait le débat sur la charge mentale ? Sur Instagram, le compte "taspensea" - comprendre "T'as pensé à...?" - entend bien poursuivre la réflexion remise au goût du jour, en 2017, par la militante féministe et anticapitaliste Emma, à travers ses planches de BD. Fort de ses presque 7000 abonnés en quelques jours, ce petit nouveau va faire parler de lui. Et mener, pourquoi pas, à une "révolution de l'intime". 


Le principe de "taspensea" ? Agréger des témoignages concrets des femmes qui se sentent exposées à la charge mentale - ce fameux poids invisible, comprenant surtout les tâches ménagères et l'organisation de la vie de famille.

On se laisse toutes avoirMarie*

Marie (c'est un pseudo, elle tient à garder son anonymat pour le moment), a eu l'idée de lancer ce compte après avoir traversé un épisode difficile dans sa propre vie de couple. Elle explique à LCI : "Nous sortons d'une crise avec mon mari. J'ai eu un gros ras-le-bol de devoir gérer les plannings, les émotions de chacun... Je ne savais plus qui j'étais. J'en suis même arrivée à me demander quand était la dernière fois que j'avais pris une douche... Et puis un soir, la semaine dernière, j'étais au parc, et je me rendais compte que les mères autour de moi étaient toutes dans la même galère. Parfois d'ailleurs, sans même s'en rendre compte. Cela veut dire qu'on se laisse toutes avoir. A un moment, on en arrive à tout porter, comme dans un réflexe de survie quand tu viens d'avoir un enfant. Et ce, même quand tu as des lectures féministes, ce qui est mon cas."

400 messages en attente

Sur "taspensea", il suffit donc d'envoyer son témoignage à Marie, qui se chargera de faire le tri et de le mettre en forme. Ce qu'elle souhaite, à travers ce compte, c'est mettre en lumière la parole des femmes. "J'ai évidemment eu le déclic sur la charge mentale grâce au travail d'Emma" poursuit-elle. "Mais je trouve que dans les débats qui ont suivi, on a globalement mis l'accent sur le fait que les pères étaient nuls et puis c'est tout. Or, ce qui compte, c'est la souffrance des femmes. Parce que la charge mentale, c'est une souffrance ! Elle fait mal au couple, à l'amour, à l'estime de soi, elle empêche de se réaliser. Et la réponse à cela n'est pas d'intimer aux femmes de déléguer ou d'apprendre à se gérer. Pour en sortir, il faut un effet de masse dans les témoignages, pour faire comprendre qu'il s'agit d'un système."


C'est donc cette prise de conscience qui est à l'oeuvre en ce moment du côté de "taspensea". Entre elles, les abonnées se lisent, se répondent, débattent. "Elles sont courageuses et intelligentes" se satisfait Marie, qui nous souffle avoir devant elle beaucoup de travail : ce jeudi après-midi, elle avait environ 400 anecdotes et messages en attente. Preuve, s'il en faut, que le sujet concerne.

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