Tempête Miguel : la SNSM, une armée de plus de 8.000 bénévoles pour secourir les naufragés

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SAUVETAGE EN MER - Trois membres de la SNSM sont morts vendredi en portant secours à un bateau de pêche naufragé. Une cruelle mise en lumière pour cette association d'intérêt public qui a sauvé 6.578 personnes en 2017.

Un canot de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) a chaviré vendredi aux larges des Sables-d'Olonne, lors d'une intervention pour secourir un bateau de pêche en difficulté, en pleine tempête Miguel. A son bord, sept sauveteurs, dont trois sont morts. 

Un drame pour la "famille des sauveteurs", selon les mots employés par la SNSM, dont le président, Xavier de la Gorce, se rendait sur place dans l'après-midi pour soutenir les équipes locales. Un cruel coup de projecteur, aussi, sur une organisation de bénévoles qui sauvent chaque année des milliers de vie, autour de deux missions principales, le sauvetage au large et le sauvetage en bord de mer. 

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6.578 personnes secourues en 2017

Les chiffres fournis par le dernier rapport d'activité de cette association d'utilité publique donnent une idée de l'intensité de ses interventions. En 2017, 6.578 personnes ont été secourues au large, dans le cadre de 3.577 interventions. Dans près de 80% des cas, les personnes secourues pratiquaient la plaisance, les professionnels - dont les pêcheurs - étant très peu représentés dans ce bilan. Dans la moitié des cas, les sauvetages concernaient des personnes victimes d'une chute ou d'un accident de baignade. 

En outre, 2.317 personnes ont été secourues aux abords du littoral, à partir de 256 postes de secours installés le long des côtes françaises. La plupart des interventions sont pratiquées, logiquement, entre juin et septembre, qu'il s'agisse de recherche de personnes ou d'assistance maritime. Au total, en 2017, pas moins de 32.000 personnes ont été prises en charge dans le cadre des missions de la SNSM. 

Une activité bénévole, en quête de dons

Les interventions en mer pour aider un navire en difficulté sont obligatoires et gratuites, selon le Code des transports, et conduites sous l'autorité des Centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage (Cross). Dans ce cadre, la SNSM, descendante de la Société centrale de sauvetage des naufragés créée dès 1865, est la seule organisation agréée pour le sauvetage en mer. Elle n'est pas pour autant un service de l'Etat, mais une association loi 1901, reconnue d'utilité publique depuis 1970, même si son conseil d'administration comprend des représentants des ministères de tutelle (Transports, Transition écologique, Intérieur, Armées, Sports et Economie).

Elle compte donc essentiellement des bénévoles : plus de 8.000 en 2017 (pour seulement 79 salariés), dont près de 5.000 sauveteurs "embarqués" et plus de 3.000 nageurs sauveteurs. Quant à son financement, il repose à 80% sur l'appel aux dons privés (8.7 millions d'euros en 2017), le budget restant étant issu de subventions publiques. Ce budget alimente des postes de dépense importants, à commencer par la formation - plus de 300 heures en moyenne pour devenir nageur-sauveteur -, l'acquisition du matériel, l'entretien et le renouvellement de la flotte. 

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