Traumatisés après un abandon, les chiens ont besoin d'un suivi médical et psychologique

Traumatisés après un abandon, les chiens ont besoin d'un suivi médical et psychologique
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ANIMAUX - Les abandons d'animaux ont commencé plus tôt que d'habitude avec une recrudescence au moment du déconfinement. Quelles que soient les raisons de cet abandon, les animaux le vivent comme un traumatisme. Dans les refuges, des professionnels les prennent en charge afin de recréer un lien de confiance et de pouvoir les proposer à l'adoption.

Ce samedi 27 juin a lieu la journée mondiale contre l'abandon des animaux de compagnie. Depuis le début du déconfinement le 11 mai dernier, le nombre d’abandons d’animaux de compagnie a sensiblement augmenté et se poursuit en ce début d’été. À Perpignan, le nombre d'animaux pris en charge par la SPA est passé d'une soixantaine à plus de 120 chaque été. Cette année, le pic d'abandon a débuté plus tôt que prévu avec une explosion à la fin du confinement. 

Pour l'animal, l’abandon est forcément un traumatisme, le suivi médical est donc essentiel. "Cela peut avoir diverses conséquences, notamment sur le comportement du chien. Le stress de l’abandon provoque des sécrétions d’hormones qui peuvent sur le long terme abîmer les organes. Il y a des animaux qui ne mangent pas pendant plusieurs jours et qui peuvent développer des pathologies comme des hépatites", explique le Dr. Florence Collignon, vétérinaire à la SPA de Perpignan.

Les animaux adoptés suivis sur plusieurs mois

Abandonnés, saisis pour maltraitance, ces chiens arrivent dans un état de stress psychologique important et doivent être rééduqués avant d’être proposés à l’adoption. En moyenne, un chien reste six mois dans ce refuge avant d’être adopté, mais pas par n’importe qui. Un dresseur s'occupe d'eux jour après jour et tente de reécréer un lien de confiance entre l'homme et l'animal. Une étape indispensable avant d'imaginer toute adoption. 

Même attention après une prise en charge dans une nouvelle famille. "On est très vigilants sur les personnes qui adoptent les animaux. Un mois ou deux mois après, on se rend chez les gens pour voir comment l’animal a évolué. Si cela ne se passe pas bien, on peut éventuellement retirer l’animal", indique Christophe Baudru, agent animalier à la SPA de Perpignan.

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Des propositions pour faire évoluer la condition animale

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Il y a quelques jours, le député LaREM des Alpes-Maritimes Loïc Dombreval a fait des propositions pour faire évoluer la condition animale et responsabiliser les maîtres. "La protection animale n'est pas incarnée politiquement. Seule une autorité administrative indépendante peut faire avancer la condition animale et le droit des animaux en France", a-t-il confié à l'AFP. Il suggère notamment de "créer une sorte de défenseur des droits ou un secrétariat d’Etat dédié à la condition animale, voire un délégué interministériel" et de lancer un portail internet dédié à la protection animale rassemblant les informations indispensables aux futurs acquéreurs, possesseurs, associations, forces de l'ordre, magistrats, procureurs.

Pour lutter contre l'abandon, Loïc Dombreval propose de mettre en place une attestation de connaissances minimales obligatoire pour détenir un chien ou un chat et même un certificat de capacité pour un équidé. Dans son rapport, il demande également l'interdiction de la vente de chiens et chats en animalerie, dans les foires et expositions, et sur les sites internet généralistes ainsi que la mise en place d’un numéro vert de la protection animale dédié au signalement d'actes de maltraitance. Et côté pénal, il suggère de "passer à 3 ans de prison et 45.000 euros d'amende", contre actuellement "2 ans et 30.000 euros".

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