Trois salariés de Ricard dénoncent "la pression permanente" pour boire au travail

Trois salariés de Ricard dénoncent "la pression permanente" pour boire au travail
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ABUS - Dans une enquête publiée ce lundi dans "Le Parisien", deux anciens commerciaux de Pernod Ricard et une actuellement en poste affirment avoir subi une "pression permanente" pour boire. Ils racontent être devenus dépendants à l’alcool et malades.

Des salariés fortement incités à boire par leur entreprise, voilà de bien curieuses méthodes révélées dans une enquête publiée dans "Le Parisien". Dans leur viseur, les pratiques de Pernod Ricard, incriminé par deux anciens commerciaux et une actuellement en poste qui affirment avoir été contraints de trinquer avec les consommateurs pour les fidéliser et pour, selon eux, "donner l'exemple". L'alcool, le produit qu'ils vendaient, les a ainsi rendus "dépendants", "malades". 

Les trois témoins dénoncent la "pression permanente" exercée sur les salariés pour les inciter à boire au travail, affirme le Parisien. Une pratique pourtant illégale, comme l'explique la Direction générale de la santé : "Dans les bars, discothèques, fêtes et feria de mon secteur, on a un budget pour offrir des verres de pastis aux clients et on consomme avec eux, encouragés par notre hiérarchie. La devise de Ricard, c'est : 'Fais-toi un ami par jour'", dévoile un des deux anciens commerciaux, 42 ans, devenu chef des ventes de l'Hérault : "Je picolais tous les jours, à force, ça devient une habitude". Et le petit jaune de couler à flots. 

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Le numéro deux mondial des vins et spiritueux - la France est le plus gros consommateur au monde avec 52,8 millions de bouteilles écoulées l'an dernier - réfute ces accusations en bloc : "Pour l'ensemble du groupe, 19 000 personnes à travers le monde, on applique une tolérance zéro", se défend le responsable presse du groupe dans "Le Parisien". "Il n'y a pas de culture de l'alcool, ni aucune directive, ni incitation, sans aucune forme, à consommer". Le directeur de la communication assure, lui, que "tous les collaborateurs ont signé une charte de comportement responsable."

Selon l'un des plaignants, le règlement intérieur de Ricard appelle bien à une "consommation modérée" mais "il y a la théorie et la réalité", avoue-t-il. "Et dans les faits, on doit montrer qu'on connaît nos produits et qu'on les aime". Au diapason du slogan du groupe, qui compte 650 commerciaux en France : "créateurs de convivialité". 

En filigrane, tous décrivent un management cultivant le sentiment d'appartenance. Jusqu'à broyer l'identité au risque de provoquer un burn-out. L'affaire est devant les prud'hommes qui doivent statuer d'ici à la fin du mois. 

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