Un avion de chasse passe le mur du son en région parisienne : une procédure très encadrée

Un avion de chasse passe le mur du son en région parisienne : une procédure très encadrée
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SÉCURITÉ AÉRIENNE - Un Rafale de l'Armée de l'air a passé le mur du son à l'est de Paris mercredi matin, provoquant une détonation entendue dans une partie de la région. Il intervenait dans le cadre d'une mission d'interception et d'un dispositif nommé "posture permanente de sûreté aérienne". De quoi s'agit-il ?

La détonation a été entendue dans un vaste périmètre de l'Ile-de-France. Mercredi matin, un Rafale de la permanence opérationnelle de Saint-Dizier a été autorisé à franchir le mur du son - soit 1224 km/h -  à l'est de Paris, pour rejoindre et porter assistance à un avion dont le contact avait été temporairement perdu, selon les informations fournies à LCI par le ministère des Armées. "C'est dans le cadre d'une mission d'interception que l'avion a franchi le mur du son", avait indiqué, peu de temps auparavant, la ministre des Armées Florence Parly, sollicitée par une journaliste de LCI. 

Le Rafale, parti de la base aérienne 113 de Saint-Dizier-Robinson, située à près de 200 km de Paris, intervenait dans le cadre d'un dispositif nommé "la posture permanente de sûreté aérienne", ou "police du ciel", mise en place en France au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 afin de réagir "à tout événement se déroulant en vol". Le dispositif, détaillé par le ministère des Armées, mobilise près de 400 personnes et a pour objectif de "faire respecter la souveraineté nationale dans l'espace aérien français et d'assurer la défense du territoire contre toute menace aérienne", qu'il s'agisse d'une tentative d'attentat, d'un détournement, de la présence d'un avion étranger ou encore d'une défaillance technique, d'un aéronef "en détresse" ou en infraction. 

Selon le commandement de la Défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), l'Armée de l'air a fait face, en 2019, à 450 "situation anormales", dont 210 ont nécessité une intervention des avions de chasse ou des hélicoptères.

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Détecter un appareil hostile ou en difficulté

La situation aérienne est placée sous la surveillance permanente de l'Armée de l'air. Tout appareil en vol doit être systématiquement identifié. Si l'identité ou le plan de vol sont inconnus, ou si le comportement de vol de l'appareil est "non conforme aux règles de circulation aérienne", "il est repéré immédiatement au milieu du flot général dans l'espace aérien français" - soit 12.000 appareils par jours -, détaille le ministère. L'aéronef est ensuite caractérisé selon une nomenclature allant d'"ami" à "hostile". 

Tout comportement anormal peut donner lieu, sous l'autorité de la Haute autorité de défense aérienne (Hada), à une intervention de ce type, avec la possibilité accordée ainsi au pilote de passer le mur du son, en raison notamment de la distance qu'il peut y avoir entre la base et la cible. "Les base aériennes sont éloignées de Paris", a ainsi indiqué à LCI l'expert aéronautique Michel Polacco. "Pour qu'il puisse rejoindre la région parisienne, il doit passer le mur du son."

La "posture permanente de sûreté aérienne" suscite des interventions "rares", précise le spécialiste, "dont l'objectif est d'assurer la sécurité des Français". Lorsqu'il aborde l'aéronef, le pilote de l'Armée de l'air dispose de plusieurs moyens d'action, pour lui porter assistance ou lui faire respecter une obligation. En dernier recours, il peut également l'avertir par un tir de semonce, ou le détruire, sur ordre du Premier ministre, si l'aéronef en question est classifié "hostile". 

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