Un chauffeur de bus accusé d'avoir refusé l'accès à une femme en jupe : enquête interne à la RATP

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À LA LOUPE - Un chauffeur de la RATP aurait refusé l'accès à son bus à une femme en raison de la taille trop courte de sa jupe. C'est en tout cas ce qu'affirme, sur son compte Facebook, l'écrivain algérien Kamel Bencheikh, père de la plaignante. La RATP a ouvert une enquête interne et lancé un appel à témoin pour faire la lumière sur cette histoire qui a fait réagir jusqu'au plus haut sommet de l'Etat.

C'est son père qui témoigne sur les réseaux sociaux. Dans un texte largement partagé y compris par certains élus franciliens : une femme se serait vu refuser l'accès à un bus à Paris en raison de la longueur de sa jupe, jugée trop courte par le chauffeur. Si aucune plainte n'a encore été déposée, la RATP, qui indique à LCI avoir identifié le chauffeur en question, a lancé une enquête interne. 

D'où provient cette histoire ?

Tout commence avec un post Facebook publié par Kamel Bencheikh, écrivain algérien vivant à Paris. Il raconte l'histoire rapportée par sa fille.  "Ma fille Élise est sortie avec une amie hier [ndlr : le 1er mai] et a voulu prendre tardivement, le bus 60 à la station Botzaris près des Buttes-Chaumont pour descendre en direction de la mairie du 19e arrondissement." 


Kamel Bencheikh précise qu'elles étaient les seules à l'arrêt du bus. Vers 23h, le bus 60 s'arrête à leur niveau, mais les portes de ne s'ouvrent pas, affirme-t-il. Le chauffeur aurait regardé les jeunes filles, puis redémarré et s'immobilise quelques dizaines de mètres plus loin à un feu rouge. "Ma fille court et se présente de l’autre côté du bus pour parler au conducteur. À la question de savoir pourquoi il n’ouvre pas la porte, le conducteur répond : t'as qu'à bien t'habiller" 

Une enquête interne ouverte

Interrogé par Le Parisien, Kamel Bencheikh entend déposer plainte avec sa fille. "Ce sont au moins des excuses. Il faut que la RATP s’excuse publiquement devant ma fille." 

La RATP a indiqué à LCI qu'elle avait ouvert une enquête interne afin de confronter la version avancée par la fille de Kamel Bencheikh et celle du chauffeur. "Nous avons repéré le post Facebook, puis cette histoire a été partagée sur Twitter", nous explique la régie. Grâce à la ligne, l'arrêt et l'horaire mentionnés dans le témoignage, la RATP a pu rapidement identifier le machiniste en question. "Il sera entendu ce weekend afin qu'il nous explique ce qu'il s'est passé. Si les faits sont avérés, c'est inacceptable, une sanction proportionnelle à la gravité des faits sera prise." 


Pour l'heure, aucune plainte n'a été déposée à la police. La RATP dit, par ailleurs, avoir tenté de contacter Kamel Bencheikh. Samedi soir, elle n'avait toujours pas pu le joindre.


Fait inédit nous assure la régie, un appel à témoin, relayé sur les réseaux sociaux, a également été lancé. 

Borne et Schiappa réagissent

Samedi en fin de journée, Elisabeth Borne et Marlène Schiappa, respectivement ministre des Transports et secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, ont réagi via un communiqué conjoint. "Si les faits rapportés étaient confirmés, ils seraient d’une grande gravité, totalement contraires aux valeurs de service public, et nécessiteraient des sanctions exemplaires", écrivent-elles, indiquant suivre "avec la plus grande attention" le déroulement de l'enquête.

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