Un chauffeur de bus de la société Flixbus affichait-il ostensiblement un tatouage nazi ?

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À LA LOUPE - La photo d'un chauffeur de la compagnie Flixbus a déclenché un tollé ce samedi. On y voit un homme en chemisette arborant sur l'avant-bras le tatouage "Mein Kampf", référence au livre d'Adolf Hitler. Ce conducteur a depuis été identifié et suspendu de ses fonctions et FlixBus annonce son intention qu'il ne puisse plus opérer pour la compagnie.

Un chauffeur de la société de transport FlixBus a été pris en photo par un passager. Les mots "Mein Kampf" étaient tatoués sur son avant-bras, titre de l'ouvrage rédigé par Adolf Hitler et signe d'authentification pour les personnes néo-nazies. La photo a rapidement faire le tour des réseaux sociaux, tout comme l'étonnante réaction de FlixBus sur Twitter. Retour sur la polémique. 

Que s'est-il passé ?

Tout a commencé par une photo largement partagée sur Twitter. Le 12 juillet en fin de journée, un jeune homme interpelle la société FlixBus, compagnie de transport par autocar à travers la France et l'Europe. Il y dénonce le tatouage d'un chauffeur. Sur l'avant-bras du conducteur, il est inscrit 'Mein Kampf'. "Comment se fait il qu'un de vos chauffeurs FlixBus puisse porter un tatouage pareil ? Est ce compatible avec les  valeurs de votre entreprise ?", s'interroge-t-il. Le jeune homme précise ensuite qu'il s'agit du trajet Toulouse-Milan. 


Contacté par LCI, il nous informe qu'il n'était pas à bord et a simplement posté la photo que son ami, choqué de la situation, lui avait fait parvenir via Instagram. Il nous assure que le conducteur est resté dans le bus jusqu'à la fin du trajet. 


Mais ce qui a le plus surpris, c'est la réaction de la société. FlixBus a réagi sur Twitter en expliquant : "Veuillez noter que FlixBus est fier d’être une multinationale dotée d’une équipe multinationale et que des chauffeurs de tous les secteurs culturels travaillent pour nous. Nous n'acceptons donc aucune discrimination d'origine ou de religion envers nos clients ou nos employés." Une réponse qui a surtout suscité la raillerie quand ce n'est pas l'indignation de nombreux internautes. 

"Une erreur de communication"

Contacté par LCI, Raphaël Daniel, porte-parole de FlixBus, admet que la réponse sur Twitter n'a pas été la bonne. "Nous avons commis une erreur de communication. Les termes n'étaient pas les bons alors que nous décrivions cette situation via la photo Twitter comme tout le monde." 


Une maladresse qui, d'après Raphaël Daniel, ne révèle pas l'intransigeance de l'entreprise vis-à-vis des propos ou attitudes discriminantes au sein de son entreprise. "Dès que nous avons été informé  de ce tatouage, FlixBus a tout mis en oeuvre pour authentifier la photo et identifier le chauffeur." 


Le chauffeur en question n'est pas salarié de l'entreprise, précise la compagnie : "FlixBus ne possède aucun bus et n'emploie aucun conducteur. Nous travaillons uniquement avec des prestataires qui assurent les trajets. Nous avons pris contact avec la société de transport et avons demandé la suspension de ce chauffeur sur nos lignes." Ce dernier a en effet été suspendu dès la fin du voyage à Milan. La compagnie nous indique son intention qu'il ne puisse "plus opérer pour FlixBus." 

Que risque le chauffeur du bus ?

Si le code du travail rappelle qu'aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire en raison de son apparence physique, et donc du port d'un tatouage, un employeur peut apporter des restrictions à cette liberté pour des raisons motivées. Des dispositions possibles "lorsque les salariés sont en contact avec des clients ou que leur profession demande une certaine tenue vestimentaire", nous explique Me Julien Hadjajd, avocat du cabinet Jadde, inscrit au barreau de Paris et spécialiste du droit du travail. "L'employeur peut, par exemple, exclure le port de tongs, de signes religieux visibles, de piercings, de cheveux colorés, ou encore de tatouages. Mais le salarié doit connaître ces dispositions spécifiques et elles sont prévues dans son contrat de travail ou dans le règlement intérieur de l'entreprise." 


Mais dans l'affaire du chauffeur Flixbus, il ne s'agit pas d'une inscription anodine. "Nous ne sommes pas ici dans le champ de la liberté d'expression, il s'agit d'un message, d'une revendication", estime Me Hadjadj. De plus, l'inscription des mots 'Mein Kampf' et placés sur l'avant-bras, une partie relativement visible du corps. "Des passagers peuvent se sentir offensés par ce message et l'entreprise peut estimer qu'il s'agit d'un préjudice pour son image." 

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