Un hôpital de Seine-Saint-Denis menacé de ruptures de stocks : l'appel de 80 médecins

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HÔPITAUX EN DANGER - 80 médecins de l'hôpital d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis réclament la création d'une "zone médicale prioritaire" à l'Agence régionale de santé. Après avoir rencontré les médecins ce mardi, celle-ci "réaffirme son soutien" à l’établissement.

Une lettre et des articles dans les médias. C'est ce qui a poussé l'Agence Régionale de Santé d'Ile-de-France à se déplacer dans un hôpital de Seine-Saint-Denis ce mardi 13 août, selon nos informations. Car le 14 juillet dernier, 80 médecins de l'Hôpital Robert-Ballanger ont fait savoir dans un courrier destiné à l'agence que la situation de l'établissement était "très inquiétante".

Le cri d'alarme de 80 médecins

Dans ce courrier, dont le contenu a été diffusé par Le Parisien, puis auprès de l'AFP, ces chefs de service, praticiens et assistants listent les problèmes : menace de rupture de stock de médicaments, patients de plus en plus précaires, manque de médecins aux urgences... Des difficultés qui, certes, "ne font que s'aggraver depuis quelques années" mais qui s'empirent "de plus en plus rapidement depuis quelques mois". "Parfois, on ne sait pas si on va avoir une cartouche d'encre pour imprimer nos ordonnances, du désinfectant pour laver nos endoscopes", explique ainsi à l'AFP le chef du service de gastro-entérologie,  Guy Bellaïche. 


La peur d'une "rupture de stock" à laquelle s'ajoute une réelle pénurie de fournitures essentielles au travail des équipes : manque de gants, de collecteurs d'aiguilles, ou même de papier toilette, liste ainsi le quotidien local. Des conditions de travail qui mettent "en péril les malades", selon ce courrier. Et le nombre de ces derniers, dont des "SDF, des sans-papiers et des personnes en grande précarité", comme le note Guy Bellaïche, ne va qu'augmenter, avec le projet "Grand Paris", qui devrait faire naître de nouveaux quartiers autour de la gare d'Aulnay. De quoi pousser les médecins à demander la création d'une "zone médicale prioritaire". "Ne faudrait-il pas considérer nos hôpitaux du 93 comme situés en 'Zone Médicale Prioritaire' afin de leur accorder des moyens financiers supplémentaires pour sortir de ce cercle vicieux ?", écrivaient-ils ainsi. 

L'ARS se veut rassurante auprès des patients

Un tableau inquiétant. Et qui a poussé l'ARS à réagir. Bien qu'une rencontre était prévue le 10 septembre prochain, l'agence estime ainsi auprès de LCI que, "compte tenus de certains propos tenus dans les médias", l'ARS Ile-de-France est allée à la rencontre du personnel ce mardi "afin d’échanger avec eux sur les difficultés qu’ils rencontrent et leurs éventuels impacts sur la prise en charge des usagers". L'agence en a profité également pour rappeler que le CHU "bénéficie d’un soutien constant" notamment via une aide financière de 17 millions d'euros cette année.


Selon l'établissement, ces discussions avaient pour objectif d'affirmer le "soutien" de l'agence au personnel et "préparer la réunion", prévue pour le 10 septembre. Mais aussi de rassurer les patients "pris en charge en toute sécurité" et "qu’il n’y a pas d’impact sur leur prise en charge". Quant à la question de devenir "comme un hôpital ZEP", elle ne sera pas débattue avant la rentrée. Contactée par LCI, la direction de l'hôpital n'a pas souhaité s'exprimer.

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