Un père et fils arrêtés pour pillage archéologique du lac d'Aiguebelette

Un père et fils arrêtés pour pillage archéologique du lac d'Aiguebelette

TRÉSOR - Un père et son fils ont été interpellés près de Chambéry, en Savoie, pour le pillage de près de 3000 objets archéologiques dans le lac d’Aiguebelette, classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Placés en garde à vue, ceux qui se présentent comme des "collectionneurs" ont reconnu les faits, et sont visés par une enquête.

Ils avaient accumulé chez eux un trésor archéologique estimé à au moins "plusieurs dizaines de milliers d’euros". Un père et son fils ont collecté près de 3000 objets archéologiques au fond et aux abords du lac d’Aiguebelette, un site archéologiquement protégé en Savoie. Lundi 10 février, les gendarmes ont découvert à leur domicile près de Chambéry un véritable musée archéologique privé : des têtes de flèches, des couteaux, des statuettes, des cloches, et plus de 1000 pièces de monnaie de grande valeur, datant du Néolithique, de l’âge de Bronze et de l’Antiquité.

Âgés respectivement de 43 et 19 ans, les deux hommes ont été placés en garde à vue, où ils ont reconnu les faits. Ils sont visés par une enquête préliminaire pour destruction ou modification sans autorisation d’un territoire classé", "dégradation d’un patrimoine archéologique", "vol d’objets classés et "utilisation sans autorisation de détecteurs de métaux".

Matériel de plongée et détecteurs de métaux

En mai 2019, les deux hommes attirent l’attention des gardes du lac d’Aiguebelette. "Ils se déplaçaient avec du matériel de plongée", explique Grégory Renaud, lieutenant-colonel à la gendarmerie de Savoie. "Ils se rendaient sur l’île au milieu du lac et procédaient à des recherches dans le sol avec des détecteurs de métaux", poursuit-il.  Un comportement aussitôt signalé auprès du parquet de Chambéry.

Le lac, qui recèle un site palafittique (ndlr, ensemble de vestiges d'habitations lacustres) préhistorique, est classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Afin de ne pas détruire un trésor archéologique, il est interdit d’y prélever des objets et d’y effectuer des fouilles. "Une fois sortis du site auxquels ils appartiennent, [les objets] n’ont plus beaucoup de sens", explique Marie-Pierre Feuillet, conservatrice à la direction régionale des affaires culturelles Auvergne-Rhône-Alpes, déplorant le fait que les objets collectés par le père et son fils "ont perdu toute l’histoire dont ils étaient porteurs".  

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Jusqu’à 7 ans de prison et 100 000 euros d’amende

"C'est le parquet de Chambéry qui décidera des poursuites dans l'attente d'un rapport d'expertise de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) et en fonction des investigations", ont indiqué les gendarmes. 

Si l’enquête n’a pas encore permis de déterminer s’il y avait eu trafic, le père et le fils risquent jusqu’à 7 ans de prison et 100 000 euros d’amende. Ces derniers reconnaissent les faits, mais se présentent comme des "collectionneurs", affirmant n’avoir revendu aucune pièce. 

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