Un prêtre Gilet jaune insulte Macron dans un chant : le préfet saisit la justice

Population
DÉRAPAGE - Dimanche 2 juin, l'ancien prêtre Francis Michel entonnait des chants anti-Macron lors d'une messe en présence de Gilets jaunes. Le préfet de l'Eure a saisi la justice, l'évêque d'Evreux s'est, lui, dit "choqué".

Les images ont fait le tour des réseaux sociaux. Ce week-end, l'ancien curé Francis Michel entonnait un chant hostile à Emmanuel Macron. Gilets jaunes autour de lui, sous des airs de "Emmanuel Macron, Ô tête de con, on vient te chercher chez toi", il ne semblait pas se soucier de la répercussion de ses paroles.


Ce lundi, le préfet de l'Eure Thierry Coudert, a expliqué avoir "saisi la procureure de la République au titre de l'article 40 qui appréciera des poursuites à engager". L'article 40 du code de procédure pénale impose à un fonctionnaire ou à un élu de saisir la justice lorsqu'il pense avoir pris connaissance d'une infraction. Selon Thierry Coudert, ces faits pourraient relever de la loi 1905 relative à la séparation de l'Eglise et de l'État ainsi que des dispositions du code pénal pour outrage au président de la République.

Le préfet a par ailleurs souligné que l'ancien curé était "officiellement suspendu depuis le 2 novembre 2016 et à ce titre n'est plus en droit d'officier au sein de la dite église du Planquay".


Un épisode qui n'a pas vraiment plu également à l'évêque d'Évreux, Mgr Christian Nourrichard. Il s'est dit "choqué" par les images diffusées. "J'ai été choqué par cette vidéo car c'est dénaturer la mission de l'Église et ce qu'est un lieu de culte", a raconté le prélat au sujet de cette scène filmée dimanche dans une église du Planquay (Eure).

Un prêtre déjà condamné

En novembre 2016, l'évêque d'Évreux avait publié un décret de suspense de l'abbé Michel, ordonné prêtre en 1975, lui interdisant notamment de célébrer des sacrements ou d'entendre les confessions. "Qu'est-ce que je peux faire concrètement? Je dois y aller manu militari pour en découdre avec lui ? Je n'ai pas de force de police ou de gendarmerie ! ", a ironisé Mgr Nourrichard, soulignant que l'Église "n'avait pas besoin de cela" et rappelant que le père Michel s'était déjà retrouvé devant les tribunaux.

Le père Michel avait été condamné en 2015 à 15.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel d'Évreux pour avoir détourné plus de 100.000 euros sur l'argent de la quête entre 2006 et 2008. Après une plainte de l'évêché, les enquêteurs avaient retrouvé 116.000 euros sur les onze comptes bancaires du prêtre qui ne touchait en principe que 900 euros par mois. Si le curé avait la réputation de vivre dans le dénuement, portant une soutane trouée, ses relevés bancaires avaient révélé des dépenses pour des nuits d'hôtel à Paris, pour de la maroquinerie et des piercings. "C'est comme un médecin qui continuerait à exercer alors qu'il n'est plus reconnu par l'ordre des médecins", a souligné Mgr Nourrichard, qui dit avoir alerté le Vatican et la préfecture après avoir visionné la vidéo. L'abbé Michel n'a pas réagi pour le moment.

Tout savoir sur

Tout savoir sur

La colère des Gilets jaunes

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter