Un syndicat policier a-t-il comparé le comportement des manifestants à celui de "sous êtres humains" ?

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À LA LOUPE - La CGT TUI France a interpellé le syndicat policier Alliance après la diffusion d’un communiqué de la part du bureau départemental de l’Hérault dans lequel le comportement de manifestants est comparé à celui de "sous êtres humains". Une expression qui pose problème pour sa référence à l’extrême droite.

La publication est désormais supprimée. Mais lundi 5 août, le syndicat Alliance police nationale 34 (Hérault) a diffusé sur sa page Facebook un communiqué dénonçant le comportement des manifestants lors d'un rassemblement à Montpellier contre les violences policières, samedi 3 août. Des propos qui ont choqué, et notamment la CGT TUI France qui l’a diffusé sur les réseaux sociaux.

"Sous êtres humain", une expression qui fait écho à l'extrême droite

En lien du tweet, un article du site local Le Poing. Celle qui se présente comme "une page d'infos sur les luttes sociales et politiques autour de Montpellier et ses environs", a été la première à signaler cette publication ce week-end. Contactée par LCI, l’équipe confirme l'avoir vue sur Facebook, avant qu'elle ne soit supprimée "après [leur] article". 

Autre source prouvant que ce communiqué n’est pas le fruit d’un montage, un papier sur le site actu.fr. Selon le journaliste, spécialisé dans les faits divers, ce texte a été envoyé "à la presse" suite à l’"émotion considérable" qui a touché la Sécurité publique du département après les manifestations montpelliéraines, les forces de l’ordre évoquant un "climat de haine inédit, insupportable et très inquiétant". Dans cet article, les mots du communiqué sont repris avec exactitude, estimant que le bon déroulement de la journée – aucune personne n’a été interpellée ce jour là – s’expliquait "uniquement" par le "comportement exemplaire" adopté par les policiers. Ils n’auraient "pas cédé aux provocations" des manifestants dont le comportement est comparé à celui de "sous êtres humains".

Sur Twitter, on s’offusque donc du choix de mot de la part de ce syndicat, arrivé deuxième aux dernières élections dans la profession. Car traduite en anglais ("under man") on retrouve cette expression dans un ouvrage de l'eugéniste américain – et membre du Ku Klux Klan - Lothrup Stoddard, en 1922. Il y désigne ceux qui n'auraient pas leur place dans la société. Trois ans plus tard, elle est traduite en allemand pour l'adaptation du livre et devient "untermensch", récupérée ensuite par le régime nazi pour décrire la population qui n’est pas "aryenne".

Le terme n'était peut-être pas adéquatPhilippe Lavenu, secrétaire régional Alliance pour l’Occitanie

Contacté par LCI, le secrétaire régional d'Alliance pour l'Occitanie, Philippe Lavenu, confirme la mise en ligne du communiqué le 5 août, et reconnait que le terme n’était "peut-être pas adéquat" et qu'avec "le recul", il pourrait effectivement "rappeler les heures les plus sombres de notre histoire". Et de se défendre en ajoutant que ce n’était pas l’allusion désirée, mais plutôt – au contraire – de demander une "plus grande humanité" à l’égard des forces de l’ordre. "Les policiers ne sont pas des robots mais des êtres humains, et nous avons aussi nos problèmes", plaide-t-il en expliquant que des manifestants auraient lancé aux forces de l'ordre que les suicides dans la profession étaient "mérités". Dans les médias locaux, aucune trace de tels propos. Une vidéo de La Gazette de Montpellier montre toutefois des manifestants protestant devant la Préfecture aux cris de : "Tout le monde déteste la police." Pour rappel, 46 fonctionnaires se sont donnés la mort depuis le début de l’année.

Selon Philippe Lavenu, le communiqué n’a pas été supprimé suite à l’article du Poing, publié le 10 août, mais "le lendemain ou le surlendemain" de sa mise en ligne sur Facebook. "Nous l’avons retiré quand on a commencé à nous dire que ce n’était pas terrible", indique ainsi le secrétaire régional d’Alliance pour l’Occitanie. Et de conclure : "Parfois, peu adroitement, nous tentons de faire partager notre mal être."


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