Urgences en grève : l'association des médecins urgentistes emmenée par Patrick Pelloux rejoint le mouvement

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CRISE SOCIALE - L'Association des médecins urgentistes de France présidée par Patrick Pelloux a annoncé jeudi 12 septembre qu'elle rejoignait le mouvement de grève des urgences.

Le ralliement était dans les tuyaux mais cette fois, c'est officiel : l'association des médecins urgentistes de France (Amuf) a décidé de rejoindre le mouvement de grève des urgences initié il y a six mois par le collectif InterUrgences. L'Amuf est la première organisation de médecins à rallier ce mouvement, a annoncé son président Patrick Pelloux, au cours d'une conférence de presse. Présent à l'Assemblée générale du collectif InterUrgences, ce mardi 10 septembre, Patrick Pelloux avait expliqué qu'il se prononcerait ce jeudi 12 septembre. C'est désormais chose faite. 

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Cet argent est totalement inadapté- Patrick Pelloux, président de l'Amuf

Si l'association rejoint le mouvement, c'est que les mesures présentées par Agnès Buzyn ne sont, pour eux, pas adaptées à la situation. "On n'est pas du tout d'accord" avec les mesures dévoilées par le gouvernement et chiffrées à 750 millions d'euros jusqu'en 2022, a expliqué le médecin. "Cet argent est totalement inadapté", a-t-il ajouté. 

"Nous demandons aux médecins urgentistes de se déclarer grévistes dans les services déjà en grève", a déclaré M. Pelloux, lançant "un appel aux autres syndicats (de médecins hospitaliers) pour qu'ils prennent leurs responsabilités". Peu après les annonces, il s'était dit "très déçu" et avait évoqué "un rendez-vous raté" sans "rien sur les revalorisations salariales" et a prédit que "la contestation [allait] être sévère".

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Pas de mesures supplémentaires à ce stade, pour le gouvernement

De son côté, le gouvernement ne prévoit pas de "mesures supplémentaires à ce stade" pour les services d'urgence, malgré la poursuite de la grève d'une partie des professionnels mécontents du plan présenté par Agnès Buzyn, a indiqué mercredi sa porte-parole. "Nous n'envisageons pas à ce stade de mesures supplémentaires", a déclaré Sibeth Ndiaye à l'issue du Conseil des ministres. 

Elle a estimé que ce plan "est une réponse qui est largement à la hauteur des besoins" et "qui s'inscrit dans le temps court et long". "Ce plan d'une grande ampleur, de 750 millions d'euros" d'ici 2022 est "un effort considérable" pour "remettre à niveau les services d'urgences", a-t-elle insisté. "Pour terminer une crise, il faut être deux", a précisé Mme Ndiaye, en appelant à la concertation. "De nombreux acteurs des urgences ont salué les mesures et l'effort important qui est réalisé", selon elle. Reste que pour l'heure, le collectif InterUrgences dénombre 250 services en grève. Il réclame toujours l'arrêt des fermetures de lit, des moyens supplémentaires en termes de recrutement et une revalorisation salariale à hauteur de 300 euros. 

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