"Ça commence à bien faire" : volontaires pour tester le vaccin contre le Covid, ils témoignent

"Ça commence à bien faire" : volontaires pour tester le vaccin contre le Covid, ils témoignent

TÉMOIGNAGES - Dominique et Benjamin comptent parmi les premiers à s'être inscrits sur la plateforme "Covireivac" ouverte jeudi à l'attention des Français qui souhaitent prendre au part au développement d'un antidote contre le nouveau coronavirus. Ils nous expliquent ce qui les a poussés à franchir la pas.

"C'est fait". Moins de cinq heures après l'appel à candidatures lancé jeudi par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) pour tester de potentiels vaccins contre le Covid-19, Benjamin, 25 ans, a reçu un mail lui confirmant son inscription. Les quelques lignes qu'il contient, faisant mention du numéro de volontaire qui lui a été attribué et lui précisant qu'il sera recontacté sous plusieurs semaines, sont là pour lui rappeler l'étape symbolique qu'il vient de franchir. Une étape à laquelle le jeune homme, songe depuis plusieurs mois : "Ma décision était prise avant cet appel".

Pour autant qu'il s'en souvienne, cela remonte au confinement. "Je me souviens m'être dit : si un jour il y a des essais pour un vaccin, je veux en être", explique ce gendarme de Marignane, se remémorant cette période si particulière et son désir de ne pas rester passif face à ce que le pays, et le monde tout entier, traverse. "J'ai tendance à vouloir rendre service, à bouger tout le temps, mais pendant cette période même au sein de la brigade, une alternance entre les services avait été mise en place", précise-t-il soulignant sa frustration. Et de détailler : "Les restaurants et les salles de sport  qui ferment, voir ses proches en difficulté à cause du virus, économiquement aussi, ça commence à bien faire !"

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"Ne faut pas trop se poser de questions"

Extériorisant sur son envie décuplée de "servir à quelque chose" et de "mettre fin à tout ce phénomène", il estime que "quand on est jeune et en bonne santé, il ne faut pas trop se poser de questions". Lui en tout cas, a fait le choix de ne pas tergiverser : "Entre prendre le risque d’avoir quelques effets secondaires, et nous permettre peut-être de pouvoir nous passer de ce masque".

Avant de candidater, Benjamin a pu confronter sa décision à l'avis de ses collègues et sa famille : "Chacun a son opinion sur la question, en général les gens sont assez ouverts d'esprit mais j'entends souvent : c'est bien que ce tu fais, mais moi je ne le ferais pas". Son identité, son poids, sa taille, ses antécédents médicaux, à commencer par du diabète ou un cancer... Ce 1er octobre,  en se connectant sur la plateforme "Covireivac", il n'a fait fi d'aucune information et attend désormais qu'on le recontacte : "Ce serait vraiment avec plaisir, ça serait une vraie satisfaction de participer à ces essais alors qu'il y a toujours des décès et des personnes en réanimation".  Et que dire si "le vaccin s'avère efficace..."

"Ça peut être un miracle"

C'est un espoir aussi grand qui anime Dominique, 29  ans, qui s'est également portée volontaire dans la foulée de l'appel lancé par l'Inserm :"Je me dis que ça peut être un miracle, j'en serais fière".

Elle aussi engagée au quotidien au service des autres, par le biais de son activité professionnelle, elle présente ce point comme  "une explication" à sa motivation pour prendre part à ces essais cliniques d'ampleur inédite en France. Unités Covid, chambres contaminées... "au cœur de la crise, en mars et en avril, j'étais agent de service hospitalier en Ehpad", explique celle qui a depuis entamé une formation d'aide soignante. "Vivre cela, émotionnellement ça fait quelque chose, ça a été intense et difficile, c'est un certain choc", ajoute-t-elle, tout en se remémorant : "Ce quotidien, ça me pousse, ça me donne du courage". Quant aux potentiels effets secondaires qui pourraient accompagner les tests, elle en a été informée : "Ça ne m'effraie pas plus que ça, quelque soient les risques, de toute façon si je peux contribuer à aider à la recherche..."

Comme Dominique et Benjamin, près de 20.000 Français se sont inscrits sur le site dédié dans les 48 heures qui ont suivi l'appel de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale.

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