Vague de démissions sans précédent à la SNCF

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JAMAIS VU - Dans le bilan social 2018 de la SNCF, que s’est procuré le journal "Le Parisien" et qui sera présenté mercredi aux partenaires sociaux de l’entreprise publique, il est fait état de la démission de 1025 cheminots l’année dernière. Un nombre inédit.

La SNCF, c’est 143.328 salariés fin 2018. On parle donc d’une entreprise de très grande taille. Le nombre des démissions doit dès lors être un tantinet relativisé compte-tenu de l’importance de l’entreprise publique. Il n’empêche. Avec 1025 démissions au cours de cette même année 2018 - une donnée révélée par Le Parisien, qui s’est procuré le bilan social de la SNCF - celles-ci ont augmenté de 34% sur un an puisqu’elles n’étaient "que" de 763 en 2017 et 614 en 2016. 

La tendance est lourde et inédite. "L'entreprise ne fait plus rêver, indique un syndicaliste, cité par Le Parisien. Dernièrement, j'ai accompagné un collègue qui voulait absolument partir cette année alors qu'il avait quatorze ans d'ancienneté et qu'au bout de quinze années, un cheminot a le droit d'avoir les facilités de circulation à vie. En trente ans, je n'avais jamais vu ça." Mais alors pourquoi un tel désir de plus en plus patent de quitter l’entreprise publique ?

Pour la DRH, "ce chiffre reste dans la moyenne des grandes entreprises"

Toujours selon le même syndicaliste, les raisons sont multiples alors que les ruptures conventionnées augmentent elles aussi (283 en 2018 contre 135, soit la moitié moins, en 2016) : "une perte de sens, la pression du management, des salaires qui n'augmentent plus aussi vite." Si la direction des ressources humaines de la SNCF ne nie évidemment pas les chiffres, elle les relativise, assurant qu'ils restent dans la moyenne des grandes entreprises.

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Parmi les facteurs qui expliquent les départs, la DRH pointe "la forte concurrence pour embaucher des chaudronniers, des mécaniciens ou des agents de maintenance, notamment en Île-de-France." Du côté du syndicat SUD Rail, le niveau des salaires entre beaucoup plus en jeu : "Nous avons aussi un problème de salaires trop bas, souligne un syndicaliste, toujours cité par Le Parisien. Depuis cinq ans, il n'y a presque pas eu d'augmentations générales."

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