Vesoul : une religieuse privée de maison de retraite à cause de son voile

Vesoul : une religieuse privée de maison de retraite à cause de son voile
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POLÉMIQUE - Le curé d’une paroisse de Vesoul (Haute-Saône) a dénoncé un acte de christianophobie après qu’une religieuse a été priée d'ôter son voile pour être acceptée dans une maison de retraite. Le maire évoque une "erreur d'appréciation".

"Il nous faut oser !" Le doyen des Plateaux de Vesoul, en Haute-Saône, a dénoncé dans un texte paroissial ce qu’il décrit comme des "principes de laïcité qui ne sont pas compris" portant préjudice aux chrétiens. Evoquant des "craintes mal gérées", qui bloquent des situations dans la vie de ces croyants, il cite le cas d'une religieuse à qui on a refusé une place dans une résidence à cause de son habit religieux et de son voile.

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Tout signe "ostentatoire ne peut être accepté"

Ainsi, selon le récit de France Bleu, cette sœur de plus de 70 ans a fait une demande dans une structure pour personnes retraitées afin d’emménager à Vesoul. Mise en attente en janvier 2019, elle est hébergée en attendant dans un presbytère de la paroisse. C’est finalement en juillet que le Centre communal d'action sociale de la ville, qui gère la résidence, lui fait savoir que sa demande de logement a été acceptée. Mais le courrier précise que "dans le respect de la laïcité tout signe ostentatoire d'appartenance à une communauté religieuse ne peut être accepté en vue d'assurer la sérénité de toutes et de tous". Si la croix est tolérée, ce n’est donc pas le cas ni de son habit, ni de son voile.

Le maire de Vesoul s'engage à lui trouver une place

Un acte qui n’est pas isolé selon le père qui dénonce un climat de "crainte", dans lequel on dit à ces croyants de "se taire". "Certains se voient reprocher de ne pas être ‘pour’ la PMA. Ils sont taxés de ‘catholiques conservateurs’." Et de faire la comparaison avec l’islam, estimant que lorsqu’une personne de confession musulmane est discriminée, citant le cas pour la mère accompagnatrice au conseil régional de Bourgogne Franche-Comté, "tout le monde crie au scandale". 

"Notre religieuse, elle, a dû se résoudre à trouver un autre appartement !", s’insurge-t-il. Message qu’il conclut par un très explicite : "Le temps de la frilosité et de l’enfouissement est terminé, il nous faut oser !"

Devant la polémique, le maire de Vesoul, Alain Chrétien (Agir), a regretté mardi "une erreur d'appréciation". Dans un communiqué, il indique que "ni le règlement des résidences, ni les principes de laïcité auxquels nous sommes attachés, n'empêchent cette sœur d'accéder à un logement".

"L'obligation de neutralité" ne s'applique pas "aux résidents qui doivent jouir de leur liberté de conscience", a-t-il insisté, s'engageant "personnellement" à lui trouver une place aux Résidences Autonomies "si elle souhaite les intégrer".

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