5 milliards d'euros de pertes : qui va régler la note des transports en commun ?

5 milliards d'euros de pertes : qui va régler la note des transports en commun ?

ENQUETE - En raison de la crise du Covid-19, les transports publics français ont enregistré des pertes colossales ces derniers mois, estimées à cinq milliards d'euros sur le plan national. Principale raison : la baisse de fréquentation.

Après avoir tourné au ralenti pendant plusieurs mois en raison de l’épidémie de Covid-19, les transports en commun ont repris un trafic normal ces derniers jours. Mais ils rencontrent de grandes difficultés financières. 

Depuis le début du confinement, les exploitants de transports publics (trains, métros, trams à Paris et en régions) ont en effet accumulé près de cinq milliards d’euros de perte. D'après nos informations, sur le plan national, l'Etat serait prêt à verser entre 400 et 700 millions d'euros aux différentes régies de transports.

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Un impact sur le porte-monnaie des usagers ?

En Île-de-France, sur les 10 milliards d’euros nécessaires pour faire fonctionner les bus, les trains et les métros, il en manquera 2,6 milliards cette année. Si l’Etat ne règle pas cette facture, les conséquences pourraient être terribles, aussi bien pour les exploitants que pour les usagers. Ainsi, l'abonnement mensuel pourrait par exemple passer de 75 à 95 euros alors que de gros investissements de rénovation et de modernisation pourraient être impactés. 

L'achat de nouveaux trains ainsi que les travaux d'automatisation des lignes de métros, gérés par Île-de-France Mobilités, pourraient notamment subir un sérieux coup d'arrêt et des milliers de salariés pourraient voir leur travail menacé. "Avec Alstom, nous avons près de cinq milliards d'euros de contrats concernant les rénovations de bus, de trams, de trains ; trois milliards avec Bombardier. Les compagnies de bus Heuliez, Iveco, Bolloré également ... Nous avons aussi des centaines de millions d'euros, potentiellement, de commandes, et derrière il y a des milliers d'ouvriers" indique à TF1 la présidente d'Île-de-France Mobilités Valérie Pécresse.

La région lyonnaise est également fortement touchée, avec des pertes estimées à 165 millions d’euros, dont 100 millions dus à la forte baisse de fréquentation des usagers, de l’ordre de 90%. Autres raisons qui plombent les comptes : la réduction du versement d’une taxe par les entreprises pour leurs salariés empruntant les transports en commun ainsi que les investissements réalisés pour respecter les règles sanitaires.

 Le syndicat mixte des transports pour le Rhône et l’agglomération lyonnaise (SYTRAL) a ainsi mis en place des bornes pour désinfecter les mains, un personnel renforcé ou encore le nettoyage des trains quatre fois par jour. Une dépense qui représente cinq millions d’euros mais jugée "nécessaire" par le SYTRAL.

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