"C'est pire que la guerre" : les Libanais de France meurtris après les explosions de Beyrouth

"C'est pire que la guerre" : les Libanais de France meurtris après les explosions de Beyrouth
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EMOTION - Au lendemain des explosions survenues à Beyrouth, l'émotion est très vive en France aussi, en particulier dans la communauté libanaise. Certains, ayant de la famille dans la capitale, s'inquiètent pour leurs proches.

C'est un pays qui a connu mille et un maux, et qui s'enfonçait déjà dans une terrible crise économique depuis peu. C'est dans ce contexte que le Liban a été touché en plein cœur, mardi 4 août, par les deux explosions qui ont frappé le port de Beyrouth, causant au moins 100 morts, 4.000 blessés, 300.000 personnes sans logement et d'innombrables souffrances. Dans ce contexte, aussi, que, à quelque 4.100 km de là, les Libanais de France ont souffert en découvrant les images, puis les terribles nouvelles...

Mireille, par exemple, n'a pas dormi de la nuit. Son fils vit à Beyrouth... à 100 mètres du port. Ce mercredi 5 août au matin, elle peut enfin le voir et lui parler, par écran interposé depuis Paris. "Vous êtes vivants, c'est le plus important. Parce que moi ici, j'étais dans un état second", lui dit-elle, sous le regard des caméras de TF1 (voir la vidéo en tête de cet article). "Je suis très émue, nous confie-t-elle ensuite. Toute la nuit, j'avais la télé en boucle... Je ne peux pas vivre comme ça. Maintenant, chaque jour, je vais me demander si mes enfants sont en vie."

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Au total, la diaspora libanaise est estimée à entre 4 millions et 14 millions de personnes dans le monde, le Liban ayant connu de nombreuses vagues d’émigration depuis la fin du XIXe siècle. En France, la communauté libanaise représente 37.100 individus, un chiffre qui pourrait être plus élevé si la nationalité libanaise ne se transmettait pas que par le père. Ces Libanais de France vivent, selon l'Insee, très majoritairement dans les grandes villes (Paris, Marseille, Lyon, Strasbourg, Nice). Mais plusieurs communes de moindre taille, telle Boulogne-sur-Mer, comptent néanmoins une forte proportion de Libanais.

Où qu'ils soient, ils gardent les images des explosions de Beyrouth en tête, plus que d'autres, forcément. Chez "Noura", traiteur libanais de la capitale, Paul, attablé en terrasse ce mercredi 5 août, les consulte encore frénétiquement sur son téléphone. "Je suis en train de bouillir ! C'est comme un déluge qui s'abat sur ce pays... Il y a du sang qui coule, des gens qui n'ont plus de maison, tempête-t-il. Honnêtement, voir le pays replongé dans un tel état... J'ai le cœur brisé."

Les Libanais sont comme un cèdre, ils font face aux tempêtes.- Le Père Fadi, curé de Notre-Dame du Liban

Derrière son comptoir, Lydia, la gérante du restaurant, libanaise elle aussi, n'arrive pas non plus à oublier le passé. Face à l'accumulation des tragédies, elle ose même cette comparaison : "C'est pire que la guerre. Oui, c'est pire, parce que là on est censé être en sécurité, mais on continue quand même de souffrir, et ça ne peut plus continuer comme ça." 

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Non loin de là, le Père Fadi, curé de la cathédrale de Notre-Dame du Liban, souffre seul dans son église. Et il prie. "Je ne pouvais rien faire d'autre, mon cœur était dans le chagrin total, explique-t-il. Mais vous savez, les Libanais sont comme un cèdre, ils font face aux tempêtes. Alors il y a toujours cette espérance, malgré ce que nous sommes en train de vivre." 

Désormais, les Libanais de France comptent bien se mobiliser pour venir en aide à leur pays, une fois de plus dévasté.

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