"L'enfer sur terre" : dans une nouvelle vidéo choc de L214, Yann Arthus-Bertrand dénonce l'élevage intensif

"L'enfer sur terre" : dans une nouvelle vidéo choc de L214, Yann Arthus-Bertrand dénonce l'élevage intensif
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ENFER - L’association L214 diffuse une nouvelle enquête doublée d'une vidéo choc réalisée dans un élevage porcin en Bretagne. Yann Arthus-Bertrand, qui la commente, demande aux candidats des prochaines élections municipales de ne plus servir de produits animaux issus de l’élevage intensif dans les cantines scolaires.

C'est une nouvelle vidéo choc signée L214 avec des animaux entassés dans un bâtiment sordide. L'association de défense des animaux a épinglé ce jeudi un élevage intensif de cochons du Finistère, affilié au groupe Triskalia, où l'on voit des porcs, jeunes et moins jeunes, blessés ou morts, enserrés dans des cages, vivant dans la crasse, du sol au plafond. Un montage de presque cinq minutes qui glace l'échine et qui interpelle l’œil, commenté par le photographe et écologiste Yann-Arthus Bertrand : "Sans lanceur d’alerte, les images de ces pauvres cochons, enfermés toute leur vie dans un élevage intensif, vous ne les verriez jamais", assure-t-il. "C’est pourtant la triste réalité, et il faut bien l’admettre, le sort que nous réservons à ces animaux, c’est tout simplement l’enfer sur Terre."

Yann-Arthus Bertrand appelle à demander aux candidats aux prochaines élections municipales de s'engager à écarter la viande issue des élevages intensifs des cantines scolaires, ainsi qu'à augmenter la fréquence des repas sans viande qui y sont servis.

Ces images ont été tournées en septembre dans l'un des plus gros élevages du Finistère, avec 800 truies reproductrices et plusieurs milliers de cochons à engraisser. Les bâtiments sont "dans un état d'hygiène déplorable", selon l'association qui dans un communiqué évoque des "enclos crasseux", une "accumulation de déjections", "la profusion de mouches. "Des cadavres jonchent le sol (...) Certains sont en état avancé de putréfaction, laissés dans les couloirs et même dans les enclos des cochons, au milieu des animaux vivants", déplore-t-elle. Par ailleurs, de nombreux antibiotiques sont utilisés dont certains classés d'importance critique par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), toujours selon l'association, qui assure que des "hormones de croissance (dexaméthasone) sont également présentes dans l'élevage".

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L214 dit son intention de porter plainte "pour mauvais traitement et sévices graves sur animaux" auprès du procureur de la République de Brest. 

Tout en dénonçant "le mode opératoire" de l'association, la coopérative Triskalia, comptant 16.000 agriculteurs adhérents et 4.800 salariés, estime auprès de l'AFP que les "animaux blessés auraient clairement dû être séparés des autres dès les premiers signes et soignés dans l'infirmerie prévue à cet effet". Elle assure cependant que les faits dénoncés "ne reflètent en rien la réalité des élevages au quotidien". Néanmoins, elle indique qu'elle va "procéder à toutes les vérifications nécessaires concernant cet élevage". 

La préfecture du Finistère a fait savoir qu'elle ne commentait pas "au cas par cas" les vidéos de l'association, renvoyant vers un communiqué diffusé dimanche dans lequel le préfet rappelle que "de nombreux contrôles sont diligentés dans les élevages par les services de l'Etat". Elle rappelle qu'au cours des cinq dernières années, les élevages finistériens ont été la cible d'organisations antispécistes à dix reprises.

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