VIDEO - Cinq mois après l'incendie, où en est la rénovation de Notre-Dame de Paris ?

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Incendie à Notre-Dame : un symbole de Paris dévasté par le feu

JOURNÉES DU PATRIMOINE - Un chantier complexe, lancé après l'incendie qui a ravagé la toiture de Notre-Dame, bat actuellement son plein. Si les choix sur les matériaux et l'esthétisme des lieux n'ont pas encore été arrêtés, c'est pour l'instant le démontage - et notamment celui de l'échafaudage de métal - qui occupe les équipes.

Pas moins de 17.000 lieux publics et privés ouverts et 26.000 animations : pour la 25ème année consécutive, les Journées européennes du patrimoine se tiennent ce week-end en France. Seule ombre au tableau : l'absence de Notre-Dame de Paris. La cathédrale va garder portes closes, près de cinq mois après l'incendie qui a ravagé les lieux. Nul doute que ces derniers restent fermés au public encore quelques années, tant le chantier s'annonce titanesque.

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Un démontage toujours en cours

C'est l'étape qui occupe chaque jour les dizaines d'ouvriers qui s'affairent sur le chantier. En cause : l'échafaudage, construit autour de la flèche avant l'incendie, et désormais "soudé" par les flammes. "Le monument reste en danger sur deux plans : celui des voûtes qui peuvent toujours tomber et celui de l'échafaudage, qui peut s'écrouler. Ce n'est pas rien… Il y a là près de 200 à 300 tonnes de ferraille", a indiqué au Parisien l'architecte en chef du chantier, Philippe Villeneuve. Et ce dernier de préciser que lors de son montage, "je voulais que (cette infrastructure) soit totalement indépendante de la flèche. Résultat, pendant l'incendie, l'échafaudage n'est pas tombé. Mais les tubes se sont soudés les uns aux autres, et se sont déformés. Seul le côté sur lequel la flèche est tombée s'est déformé. Tout cela rend la structure fragile. C'est même miraculeux que cela tienne encore".

Pour se débarrasser de cet amas de métal, un plancher est actuellement installé, juste au-dessus. Ensuite, l'échafaudage fragilisé sera ceinturé sur trois niveaux. "Puis nous monterons un nouvel échafaudage qui culminera à 50 m et sur lequel reposera un ensemble de poutres. C'est par là que des cordistes pourront descendre et découper l'ensemble des tubes, un à un, de haut en bas. Cette opération pourrait s'achever en janvier 2020. C'est notre objectif", a décrit l'architecte. L'architecte juge "difficile d'envisager une date de fin de la période de consolidation": "Nous ne pourrons pas être réellement rassurés avant la mi-2020".  

Et après ?

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Dans les laboratoires, les chercheurs préparent la restauration de Notre-Dame

Une fois passée cette phase du démontage,  un premier "parapluie de protection", puis un grand parapluie plus haut que la toiture existante seront posés. La flèche, la toiture, la charpente et 15% de la voûte sont à reconstruire.  Reste à savoir comment, puisque les grands choix architecturaux n'ont pas encore été pris. Que ce soit les matériaux (faut-il reprendre du bois de chêne pour la charpente ?),  ou le fait de savoir s'il faut une reconstruction à l'identique ou non. Les entreprises seront choisies à l'issue de procédures de marchés publics et avec l'imprimatur des architectes des monuments historiques. Des ouvriers et compagnons doivent être formés. 

Pour la reconstruction ou non de la flèche et l'aménagement du pourtour de la cathédrale, un concours international d'architectes déterminera si un "geste architectural audacieux" ou un choix traditionnel est retenu. Toutes ces étapes prendront du temps. La reconstruction pourra alors s'engager. Cette phase ne sera pas forcément la plus longue, les technologies modernes offrant des moyens importants. Le 16 avril dernier, dans une allocution au lendemain de l'incendie, Emmanuel Macron avait promis que la Cathédrale serait reconstruite dans 5 ans.

Quid de l'accueil des fidèles ?

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Le diocèse l'a assuré à plusieurs reprises : la cathédrale doit être rendue au culte, une fois tous les dangers de sécurité écartés. La nef, qui a été épargnée, pourrait être assez rapidement rouverte pour des messes. En attendant, une "cathédrale éphémère", sous la forme d'une tente, devrait au moins être édifiée sur le parvis et une réplique de la Vierge du pilier y être exposée. Des projets plus ambitieux de "cathédrales éphémères" ont été évoqués. Cette structure pourrait contenir un espace de prière mais aussi une boutique-souvenir, une librairie, et un lieu de halte pour les milliers de touristes qui continuent d'affluer chaque jour aux abords de l'édifice depuis l'incendie.

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