VIDEO - A Marseille, un restaurateur désespéré face aux mesures de fermeture

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FAILLITE - Un restaurateur marseillais, qui a déjà perdu 153.000 euros, a accepté de nous parler des difficultés financières auxquelles il fait face depuis le début de la crise sanitaire : entre la peur de tout perdre et ses déboires avec les assurances.

ll préfère témoigner anonymement. Ce restaurateur marseillais, comme de nombreux confrères à travers la France, fait face à d'immenses difficultés pour maintenir son exploitation à flots, depuis le début de la crise sanitaire. Il a déjà perdu 153.000 euros de chiffres d'affaires et ne voit pas le bout du tunnel. 

Si bien qu'il fait désormais face à des problèmes psychologiques : "J'en suis à voir un psychiatre et prendre des antidépresseurs. Ma maison est caution sur tous les restaurants et je pensais tenir avec la trésorerie. Là, j'arrive plus et je suis obligé de prendre, j'en ai pour un mois ou deux", dit-il. 

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Coronavirus : l'impact économique de la pandémie

Les garanties contre le suicide toujours de mise

Les fermetures à répétition provoquent des problèmes de trésorerie et des risques de faillite. C'est tout le secteur qui trinque et plusieurs d'entre eux ont déjà pensé à mettre fin à leurs jours, comme l'explique un responsable départemental de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie. Certains d'entre eux se renseignent sur certaines dispositions et comment mettre leurs familles à l'abri, s'ils devaient passer à l'acte. 

Ce commerçant marseillais regrette que son assurance ne le soutienne pas plus. Il indique être couvert pour une perte d'exploitation en raison d'une pandémie mais n'a encore reçu aucun dédommagement. Pire, son assurance a changé les clauses de son contrat. "J'aurais pu être assuré pour la perte d'exploitation liée à la pandémie. Les autres garanties comme le suicide sont toujours couverts ... J'ai trouvé ça un peu déplacé", constate ce restaurateur.

La pression des réassureurs ?

Les relations entre assureurs et commerçants, déjà abîmées par la non-indemnisation des pertes de revenus liées au premier confinement, semblent se tendre un peu plus. En cause : une vague massive de renégociations des contrats pour durcir les conditions. De quoi remonter toute la profession contre les assureurs. Michael Fox, PDG du groupe Lieux d'Emotions, qui regroupe des restaurants et des salles d'événements, explique à l'AFP que son assureur Allianz, l'a informé de la résiliation de son contrat pour début février. Il avait pourtant signé quelques semaines auparavant un avenant excluant explicitement le risque de pandémie. Et il l'assure, dans la profession, ils sont nombreux à avoir reçu un tel courrier, témoignant selon lui d'un "état de panique" du secteur de l'assurance.

La situation actuelle, qualifiée de "grosse cacophonie" par un expert souhaitant conserver l'anonymat, n'est que la suite logique du conflit qui a émergé au printemps entre certains restaurateurs et leurs assureurs. Alors que ces derniers n'avaient jamais prévu de couvrir une pandémie, la rédaction de certains contrats s'est avérée ambiguë, et nombre d'assurés sont allés en justice, obtenant des jugements variés. A en croire le secteur, le problème viendrait des réassureurs : les assureurs des assureurs qui font pression sur ces derniers. Sous cette pression, les assureurs ont donc envoyé des milliers de courriers pour renégocier la rédaction des contrats et exclure, entre autres, la pandémie des contrats de perte d’exploitation sans dommage. 

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Tout refus de souscrire aux nouvelles conditions entraînant une résiliation, comme la loi le permet à la date anniversaire. Des modifications qui passent d'autant plus mal que de nombreux indépendants sont exsangues du fait de la crise sanitaire et économique. Dans l'hôtellerie-restauration, l'Umih, principale organisation patronale du secteur, a annoncé fin octobre avoir lancé un appel d'offres pour créer, avec une compagnie d'assurances, une police adaptée au secteur et avec une couverture des pertes d'exploitation en cas de fermeture due à une pandémie.

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