"Les gens sont plus réticents à nous aider" : handicap et Covid, la double peine

Cela fait 20 jours que notre quotidien est bouleversé par le confinement. Il est particulièrement difficile à vivre pour les personnes handicapées.

CORONAVIRUS - La crise sanitaire et le confinement pèsent lourdement sur le quotidien des personnes atteintes d'un handicap. Un cauchemar pour les quelque 12 millions de Français concernés.

"Les gens sont plus réticents à nous aider. On ne peut pas leur en vouloir, ils essaient d’échapper au virus. Mais nous, nous retrouvons en difficulté." Au micro de TF1, Qendrim Kasabaqi crie sa détresse. Comme nombre de ses compatriotes touchés par le handicap, le Strasbourgeois a vu son mode de vie chamboulé par la pandémie de Covid-19. Selon les chiffres publiés en 2016 par l'Insee, ce ne sont pas moins de 12 millions de Français qui souffrent d'une pathologie du domaine du handicap. Autant de personnes désarçonnées par la crise sanitaire, se retrouvant encore plus isolées qu'en temps normal. 

Toute l'info sur

La France sort progressivement de son deuxième confinement

Sentiments de "désespoir et d'abandon"

Le coronavirus a particulièrement bouleversé le quotidien de ces millions de personnes . Hubert Pénicaud, responsable du développement associatif APF France handicap, nous explique que l'impact de la crise s'est "ressenti très fortement, mais de façons très diverses". Pour certains, la crise a été synonyme de "grand isolement" et d'altération des "fonctions vitales" (courses, soins, faire renouveler ses droits auprès des administrations). 

Lire aussi

Pour d'autres, les restrictions liées à la gestion du coronavirus ont engendré une "très grande solitude" et des "sentiments de désespoir et abandon", avec parfois des "troubles très importants". Beaucoup ont vécu ces derniers mois comme un "enfermement", martèle Hubert Pénicaud. 

Le masque, une trop "grande gêne"

Par ailleurs, le port du masque constitue aussu une difficulté majeure pour nombre de personnes handicapées souffrant de troubles d'audition, de difficultés d’élocution et de respiration ou de troubles salivaires. Parfois, cet équipement est même "impossible à tenir dans la durée", représentant une trop "grande gêne". Enfin, les enfants touchés par le handicap ont aussi été largement éprouvés par cette période, connaissant régulièrement encore plus de difficultés d'intégration ou d'apprentissage qu'en temps habituel. 

Pour faire face à ces nombreuses difficultés, les associations n'ont pas compté leurs efforts. À l'APF France handicap, l'aide est d'abord passée par l'établissement d'un lien téléphonique massif. L'association est ainsi restée en contact avec pas moins de 22.000 personnes. "Dans les premiers temps, les coups de fil duraient assez brièvement. Rapidement, ils se sont allongés, chacun ressentant le besoin d'entretenir des rapports humains", précise son responsable du développement associatif. Courses alimentaires ou médicales, covoiturage : les initiatives se sont multipliées au plus près du terrain pour tenter de rendre plus agréable le quotidien de ces personnes. 

À l'échelle nationale, un numéro vert (0 800 360 360) a aussi été mis en place pour aider les personnes en situation de handicap et leur personnel aidant. 

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Loi "sécurité globale" : 62 blessés parmi les forces de l'ordre, 81 interpellations

93 médicaments commercialisés en France seraient dangereux, selon la revue Prescrire

Combien de convives autour de la table pour Noël et le jour de l'An ?

Nombre de convives, aération... quels conseils pour passer des bonnes fêtes de fin d'année ?

Covid-19 : premier décès d'un volontaire aux tests pour un vaccin

Lire et commenter