VIDÉO - Le Louvre se déconfine : dans les coulisses de la réouverture du plus grand musée du monde

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REPORTAGE LONG FORMAT - Le musée du Louvre rouvre ce lundi après plus de trois mois de fermeture dus à la crise du coronavirus. Et pour assurer le retour des visiteurs, l'établissement a été revu de fond en comble. Une équipe de TF1 s'y est glissée durant une journée.

La Joconde en piaffait d'impatience. Ça y est, après plus de trois mois de fermeture, le musée du Louvre, le plus grand et le plus visité au monde, va de nouveau accueillir du public - mais sans les touristes américains et asiatiques - à partir de ce lundi 6 juillet. Tout le personnel est sur le pont pour assurer cette réouverture, montre le reportage long format du 20H de TF1 en tête de cet article. A commencer par la conservatrice des sculptures du XVIIème siècle, qui doit gérer par exemple le retour à l'air libre du buste de bronze de Faustine, conservé ces derniers mois dans les sous-sols du musée. 

Et cela ne se fait pas sans difficulté : son socle, composé de quatre tonnes de marbre, est également du voyage, mais il doit être manipulé avec précaution. "Les œuvres bougent en fonction des achats, des nouvelles présentations, des rapprochements qu'on peut faire, qui parfois se font quelques mois, quelques années. Ensuite, on a envie de raconter une autre histoire, alors on bouge les œuvres pour les mettre au mieux en valeur et permettre au public de les redécouvrir sous un autre angle", raconte Valérie Carpentier.

Pour le moment, seuls 70% de l'établissement public, soit 45.000 m2, seront accessibles. Les secteurs très fréquentés, ainsi que les Antiquités, notamment égyptiennes, seront ouverts, mais les lieux plus complexes à gérer resteront pour l'heure fermés.

Les chantiers de restauration s'animent à nouveau

Pendant ce temps, au premier étage du pavillon du roi, les travaux ont repris dans la salle des sept cheminées pour remettre à neuf les dorures de certaines œuvres d'art. Munis d'une éponge et d'un peu d'eau, les artisans s'affairent, parfois sur des échafaudages à 12 mètres au dessus du sol.

Côme Fabre, conservateur au département des peintures, découvre le chantier. Il n'en revient pas. "Je n'avais jamais eu l'occasion d'avoir le nez dessus, sur le raffinement de ces sculptures. Faire ce travail-là, alors qu'on sait très bien que ça va être visible à au moins dix mètres de distance, c'est pour la beauté du geste, c'est symbolique. C'est comme les sculpteurs et les architectes des temples grecs, ils ne travaillent pas pour les hommes mais pour les dieux", dit-il.

Au sud du bâtiment, avant l'ouverture au public, la galerie d'Apollon subit, elle, l'éclair des flash : 10 000 clichés qui faciliteront les futurs travaux de restauration de cette première galerie royale destinée à Louis XIV, et qui servit de modèle à la galerie des glaces du château de Versailles.

Les pompiers poursuivent leurs inspections

L'heure est aussi à l'inspection des bâtiments par les sapeurs-pompiers de Paris. Ce qu'ils n'ont jamais cessé de faire, même pendant le confinement. Un privilège pour ces soldats du feu, comme le souligne auprès des caméras de TF1 le chef de garde Matthieu : "Ce n'est pas donné à tout le monde de pouvoir se balader seul dans la grande galerie. Et il y a énormément de passages qui ne sont pas utilisés par le public", avance-t-il. 

15 km de couloirs, que cette brigade détachée au musée du Louvre arpente de jour comme de nuit. Pour autant, il est bien difficile de protéger les moindres recoins, comme certaines charpentes monumentales, très complexes à isoler. "Dans des endroits comme ça, à part une tête d'incendie équivalent à un détecteur de feu comme on a chez soi, on peut difficilement protéger cette zone, donc c'est très problématique", estime le chef de garde Michael.

Derniers dépoussiérages avant l'ouverture

Même à l'extérieur, dans les Tuileries, le grand ménage de printemps est à l'oeuvre. Dans ce jardin de 22 hectares, composé de 3.000 arbres et de 60.000 plantes, des bâches recouvrent certaines sculptures encadrant le bassin. Des formes insolites qu'Emmanuelle Héran, la conservatrice du patrimoine des jardins, observe avec malice :  "Elles ne sont pas emballées parce qu'elles ont été taguées", rassure-t-elle. "C'est tout simplement qu'on les nettoie tous les trois ans".

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Enfin dans le ciel, à la veille de la réouverture du musée, les drones inspectent la pyramide. Et vu d'en haut, le cheminement organisé pour le respect de la distanciation sociale ressemble à un damier. Dans le même temps, au dessus de la cour Puget, les funambules du nettoyage, entretiennent la verrière, tandis que dans la cour Marly, les statues sont délivrées de leurs moutons de poussières. Plus qu'une nuit avant d'accueillir le public qui devra venir masqué. Les vestiaires et les buvettes resteront fermés, et les parcours seront fléchés sans retour possible en arrière. Toute sortie sera définitive. 

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