"On vient tous les jours avec la boule au ventre" : l'inquiétude des salariés de supermarchés en première ligne malgré le confinement

"On vient tous les jours avec la boule au ventre" : l'inquiétude des salariés de supermarchés en première ligne malgré le confinement

CRAINTE - En première ligne dans cette crise sanitaire, les salariés des grandes surfaces s'inquiètent pour leur santé. Témoignages au sein du groupe Carrefour.

Ils sont les héros de l'ombre. Les employés des supermarchés continuent de travailler au contact de clients potentiellement contaminés.  Les mesures de précaution mises en place par les magasins d'alimentation sont pléthore : nettoyage des balances, scotchs au sol pour respecter la distanciation social, plexiglas à la caisse entre les hôtes/hôtesse et les clients ou encore des gants et des gels nettoyants mis à disposition du personnel. 

"On fait comme on peut", explique Sophie Monnié, salariée d'un Carrefour à Perpignan. Mais malgré ces mesures, la peur d’être infectée est bien là : 26% des employés sont absents en ce moment, du jamais vu . "On vient tous les jours avec la boule au ventre", confie l'employée de la grande surface, "Tu te dis : c'est quoi aujourd'hui ? C'est moi qui vais l’avoir ? Est-ce que c'est mon collègue qui l'a eu ? Si mon collège l'a eu vais-je l'avoir ?"

 

Pour inciter leurs salariés à continuer le travail, de nombreuses grandes enseignes ont décidé de verser une prime de 1.000 euros à celles et ceux encore dans les magasins. Ne faut-il pas y voir une prime de risque ? "Absolument pas", se défend le directeur général d'Auchan Jean-Denis Deweine. "Pour nous cette prime de 1000 euros c'est avant tout le moyen de reconnaître l'extraordinaire mobilisation et l'engagement sans faille de tous nos collaborateurs", explique le directeur général.

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"Ça n'enlèvera pas la peur"

Une bonne nouvelle pour Katia Onfray, gestionnaire de stocks dans une grande surface,  mais qui ne résout pas la question sanitaire : "avec les salaires de la grande distribution il y en a pour qui ça va être deux salaires dans le même mois. Ça n’enlèvera pas la peur et le fait que demain je vais aller travailler et que si ça se trouve je vais tomber malade."

 

Plutôt qu'une prime, certaines auraient préféré des mesures de protection supplémentaires. C'est le cas de Dominique Autier, hôtesse de caisse chez Carrefour en Seine-et-Marne, qui travaille sans masque : "vous avez toujours des pôles de caisse avec des caissière côte-à-côte, sans masque. Donc s’il y en a une contaminée forcément l’autre le sera et ainsi de suite."

 

Un premier décès lié au Covid-19 est à déplorer au sein du secteur de la grande distribution : Alain Siekappen Kemayou, chef de la sécurité dans un centre commercial de Seine-Saint-Denis, est mort samedi à 45 ans après avoir contracté le coronavirus.

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