Confinement : la semaine où tout a basculé

Confinement : la semaine où tout a basculé
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CORONAVIRUS - Changement radical d'atmosphère : en une semaine, les Français sont passés de l'agitation au calme, de l'insouciance à la prise de conscience. Ou presque, puisque devant l'indiscipline de certains, les mesures de confinement ont dû être renforcées.

Samedi 14 mars, les Français se faisaient à peine à l'idée de devoir télétravailler et garder leurs enfants, après l’annonce deux jours plus tôt de la fermeture de tous les établissements scolaires, que déjà le Premier ministre passe à la vitesse supérieure : Edouard Philippe annonce, dans une nouvelle prise de parole en direct à la télévision, la fermeture de tous les lieux recevant du public. Il est alors 20 heures, restaurants et bars ferment dans quatre heures : de nombreux Français profitent d’une dernière soirée en terrasse.

Désormais, seuls les pharmacies et commerces alimentaires pourront rester ouverts. Mais le premier tour des élections municipales du lendemain est maintenu. Le message est-il brouillé ? La population se rue sur les plages et dans les parcs, dans l’insouciance générale.

Les images de ces Français flânant sous le soleil déplaisent au président. Lundi 16 mars, quatre jours après sa première allocution, Emmanuel Macron s’exprime de nouveau. "Nous sommes en guerre", martèle-t-il pas moins de six fois, annonçant "pour quinze jours au moins", sans toutefois prononcer le mot, le confinement total. En d’autres termes : interdiction de se déplacer, sauf cas bien particuliers, et à condition d’être muni d’une attestation, sous peine de se voir infliger une amende. 

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Si la prise de conscience n’est pas certaine, la panique elle semble bien réelle. De Paris à Nice, en passant par Montpellier, les files de supermarché s’étirent avant l’heure fatidique de mardi midi. "Les gens sont prêts à se battre pour un paquet de nouilles", constatent des clients. Affluence aussi dans les gares de la capitale : des milliers de Parisiens choisissent l’exode, pour vivre leur confinement ailleurs. 

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La France se vide... en partie

La France enfin se vide. Les citadins redécouvrent le son du silence, comme si la vie s’était arrêtée. Chaque soir, à 20 heures, un même bruit vient rompre le calme : depuis leur balcon ou leur fenêtre, les Français confinés, à l’image de leurs voisins italiens ou espagnols, applaudissent les soignants, en première ligne face au Covid-19. 

Mais parmi ces derniers, certains s’indignent : "Il ne sert à rien de nous applaudir à 20 heures, si en parallèle ces mêmes personnes qui nous applaudissent sont dans la rue quelques heures plus tôt", rappelle Anne-Sophie Verhoeven, médecin à l’hôpital Bichat (Paris).

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Car de trop nombreux Français ont du mal à suivre les consignes. Certains continuent de faire leurs courses tous les jours ou presque, au lieu de ne sortir qu’une fois par semaine. D’autres se mettent soudain au jogging juste pour pouvoir sortir, profitant d’un flou autour des mesures de confinement. Des mesures pas assez claires pour les uns, pas assez fermes pour les autres.

"Des imbéciles"

De son côté le gouvernement, comme le personnel médical, ne cesse de répéter les consignes : "Restez chez vous". Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, n’hésite pas à hausser le ton dans la semaine : "Il y a des gens qui pensent qu’ils sont des héros modernes à enfreindre la règle alors même qu’ils sont des imbéciles", lâche-t-il. 

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On est un imbécile quand on enfreint les règles. On fait courir un risque à sa famille, à ses amis, aux soignants. - Christophe Castaner

D’autres mesures ont été prises au fil de la semaine pour renforcer le confinement. Unes par unes, les plages ont été interdites. De plus en plus de villes ont instauré un couvre-feu, à l’image de Perpignan ou Nice. Les amendes continuent d’être distribuées :  91.824 infractions pour non-respect du confinement ont été relevées depuis mardi midi. Le bilan tragique des victimes du Covid-19 continue lui de grimper : de 127 décès dimanche 15 mars, il est passé dimanche 22 mars à 674 morts.

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