Les députés accordent un statut de pupille de la Nation aux enfants de soignants décédés

Les députés accordent un statut de pupille de la Nation aux enfants de soignants décédés
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RECONNAISSANCE - Les députés ont voté mercredi à l'unanimité pour que les enfants de soignants morts du COVID-19 obtiennent le statut de pupille de la Nation. Celui-ci garantit un soutien de l'État, pour les enfants âgés de moins de 21 ans.

A Paris, Laure Beaumal doit quitter son appartement : le loyer est devenu trop cher depuis la mort de son mari. "A deux salaires avant on vivait très confortablement, là ça a changé la donne", confie-t-elle. Olivier Beaumal était infirmier pompier. Il a contracté le Covid-19 dans l’une de ses interventions et est décédé il y a un mois et demi. Il laisse derrière lui deux enfants, de 4 et 11 ans. L’aîné, Baptiste, s’accroche à une pensée pour faire face au chagrin : "Il a sauvé des vies et il n’est pas mort pour rien", témoigne-t-il. 

Baptiste, comme les autres enfants des membres du personnel soignant décédés pendant l’épidémie, pourrait bientôt devenir pupille de la Nation. L’Assemblée nationale a adopté mercredi 27 mai une résolution pour leur accorder ce statut, traditionnellement réservé aux enfants de militaires morts au combat. Le gouvernement a indiqué qu’il examinerait cette résolution "avec gravité".

"Ça pourrait nous aider, financièrement surtout, pour plus tard pour l’école que je veux faire", explique Baptiste. Héritage de la Première guerre mondiale, le statut de pupille de la Nation consiste d’abord en une aide financière, pour les vêtements et la nourriture par exemple, mais aussi pour les vacances et les études, les sommes variant en fonction des demandes et des besoins de chaque pupille.

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Mais en cette période, l’appui dépasse le soutien pécuniaire, comme le font remarquer Christiane et Anouchka, âgées de 18 et 19 ans. Le mois dernier, les deux sœurs  ont perdu leur mère, aide-soignante à l’hôpital de Chateauroux. 

"C’est rassurant ce statut parce qu’à l’heure actuelle on ne sait pas ce qu’on va devenir, souligne Christiane. En sachant qu’on va être aidées, on peut se projeter dans l’avenir."

Depuis le début de l’épidémie en France, près de 40 soignants sont morts dans l’exercice de leurs fonctions.

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