"On a l'impression d'être des pestiférés" : rejetée par ses voisins, une infirmière témoigne

"On a l'impression d'être des pestiférés" : rejetée par ses voisins, une infirmière témoigne
Population

PEUR - Applaudis chaque soir à 20 heures par de nombreux Français, les soignants suscitent également de la crainte et de la peur, notamment dans leur voisinage. Infirmière à Villejuif, Lucille a reçu une lettre anonyme lui demandant de résider ailleurs le temps de l'épidémie.

En première ligne face à la maladie, le corps médical est fortement mobilisé ces dernières semaines et suscite l'admiration des Français. Néanmoins, certains font l'objet d'attaques et de menaces de la part de leurs voisins, ces derniers craignant d'être contaminés par le coronavirus. C'est le cas de Lucille, infirmière à l'hôpital Gustave Roussy de Villejuif, où elle soigne des malades du Covid-19.

Dans une lettre, l'auteur lui reproche de faire ses courses et de promener son chien dans sa propre commune. En voici un extrait : "Madame, nous savons que vous êtes infirmière, nous vous remercions d'exercer ce beau métier. Nous vous demandons si il serait possible que vous et votre mari, alliez résider ailleurs pendant la durée de la contamination. Vous serez de nouveau les bienvenus dans la ville, quand tout sera terminé."

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"J'ai trouvé cette lettre anonyme qui me demandait de quitter la ville, parce que j'étais soignante et soi-disant plus à risque de contaminer d'autres personnes. (...) C'est blessant car on a l'impression d'être des pestiférés. On a l'impression que, parce qu'on fait ce métier, on va être reclus de la société parce qu'on est plus à même de contaminer les autres alors que ce n'est pas vrai" regrette la jeune femme.

Aussitôt après avoir reçu cette lettre anonyme, l'infirmière l'a transmis au maire de sa commune, Vulaines-sur-Seine (Seine-et-Marne), et a sollicité son soutien. "Pour moi, c'était inadmissible. Alors j'ai pris la décision d'interpeller le commandant de police et le commissaire de police. La police scientifique est venue récupérer la lettre originale et nous sommes en train de relever les empreintes" a indiqué Patrick Chadaillat, le maire de la commune, qui avait pris la parole sur LCI.

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Pour autant, Lucille et continue d'exercer son métier dans la région et préfère se réjouir du soutien dont elle et le corps médical bénéficie depuis le début de l'épidémie : "Ça reste une minorité, heureusement, donc on garde quand même le positif et le meilleur, les gens qui applaudissent à 20h le soir. Suite à cette lettre, j'ai eu énormément de messages de soutien." Le ou les auteurs de cette lettre risquent des poursuites pour "violence psychologique" et une forte amende.

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